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R. Chaïm Cohen Perachyah
haChalban/le fromager - autres histoires


Les histoires suivants sont des extraits du livre "BeTzel Ilan Hachaim", volumes 1 et 2 (avec autorisation). Consultez le livre pour en découvrir bien davantage.

R. Chaïm Hachalban (le fromager) était un tsadik (homme saint) caché. Il apparaissait aux yeux des gens comme un simple ouvrier, mais en vérité, il était le plus grand kabbaliste, le plus grand voyant, le rabbin des rabbins, une âme extrêmement élevée venue des temps anciens. Il aurait raconté se souvenir que, dans une vie antérieure, il avait servi comme Grand Prêtre (Kohen Gadol) dans le Temple de Jérusalem, y compris en entrant dans le Saint des Saints le jour de Yom Kippour.

L'auteur du livre, R. Yisrael Rabiyov, un proche élève de R. Chaïm, écrit dans l'introduction : « Tout ce qui est écrit ici, nous l'avons entendu de sources fiables : témoignages de ses élèves, actes accomplis sous leurs propres yeux — des témoins oculaires directs et de première main. »
 

Quand les gens se souviennent de moi

Il y a environ 20 ans, R. Chaïm dit au rabbin Gideon Rabiyov : « Je vois chez beaucoup de personnes qui m'ont connu que leurs désirs brûlent en elles, mais lorsqu'elles se souviennent de moi ou voient une photo de moi, elles s'abstiennent de fauter. Car elles savent qu'il y a quelqu'un qui voit tous leurs actes. »
     

Le Chofar d'En Haut

Lorsque Rabeinou était enfant, avant l'âge de la Bar Mitsva, il priait avec son père, R. Ezrah, les prières de Roch Hachana. Lorsque le moment de sonner du chofar arriva, Chaïm se mit à trembler de peur et son visage devint pâle. La peur grandit de plus en plus, jusqu'à ce qu'il raconte à son père ce qui lui arrivait. R. Ezrah le calma et posa sa main sur le visage de Chaïm. Immédiatement, toutes ses peurs disparurent. Après l'office, R. Ezrah se tourna vers Chaïm et lui dit : « Que s'est-il passé, mon fils, pour que tu aies eu si peur au moment de la sonnerie du chofar ? » Chaïm répondit : « J'ai entendu un autre son de chofar que celui qui était ici dans la synagogue, un chofar très puissant, au point que je me suis mis à trembler à cause du son ! » R. Ezrah se réjouit d'entendre ces paroles et lui expliqua : « C'était le chofar qui retentit et descend des mondes supérieurs... Cette année, tu as tremblé de peur en l'entendant. À partir de maintenant, tu n'auras plus peur. C'est la sonnerie du chofar d'en haut qui bouleverse le Satan et ses serviteurs. Ainsi, le Saint béni soit-Il inscrit le peuple d'Israël pour une bonne vie et la paix. »

Ainsi, à partir de cette année-là, Rabeinou eut le mérite d'entendre le Chofar d'En Haut à chaque Roch Hachana et ne fut plus saisi par la peur.
     

Confronter une sorcière

Dans le quartier de Rabeinou vivait une femme qui pratiquait la sorcellerie. À certains moments de la journée, elle recevait des gens et prétendait pouvoir les aider. Elle utilisait la sorcellerie et des forces de touma (impureté, ce qui est interdit par la Torah)... Un jour, Rabeinou décida qu'il était temps de mettre fin à ses activités, de briser ses forces impures et de révéler sa véritable nature.

Aux heures où la sorcière recevait les gens, Rabeinou se rendit chez elle et s'assit dans la salle d'attente, comme les autres personnes qui attendaient d'entrer pour lui parler. Habituellement, chacun obtenait rapidement une réponse. Mais lorsque Rabeinou se trouva sur place, un long moment passa, une demi-heure ou davantage, et la sorcière était incapable de conseiller la personne qui se trouvait avec elle. Elle essaya encore et encore, mais sans succès. Soudain, la sorcière sortit de sa pièce et se rendit dans la salle d'attente pour examiner les personnes qui attendaient. Elle observa chacun à tour de rôle de son regard perçant. Lorsqu'elle regarda Rabeinou, qui n'était encore qu'un jeune adolescent, elle s'arrêta et se mit à lui crier : « Que me veux-tu ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Pourquoi me déranges-tu dans mon travail ? »

Mais Rabeinou ne se laissa pas impressionner et, lui aussi, éleva la voix et lui cria : « Pourquoi trompes-tu les gens qui viennent chez toi, comme si tu possédais des pouvoirs sacrés et pouvais les sauver ?? Je sais très bien que tu invoques des démons pour accomplir tes ordres, ce qui est totalement interdit par la Torah. » Il poursuivit : « N'est-il pas vrai que tu utilises des démons ? », « Je t'en prie, reconnais-le devant tout le monde si c'est vrai ! »

La sorcière se trouva alors démasquée devant tout le monde et, n'ayant pas le choix, fut forcée d'admettre qu'elle utilisait des noms de touma pour invoquer des démons qui exécutaient ses missions. La sorcière dit à Rabeinou : « Sache que lorsque tu es arrivé ici, ils se sont tous enfuis et, peu importe combien je les appelle, pas un seul [démon] ne se présente à moi. »

Lorsque les personnes présentes entendirent cela, elles se levèrent toutes et partirent, et ne revinrent jamais. Ainsi, la sorcière impure finit par quitter le quartier.
     

Qu'est-ce que la crainte du Ciel ?

Le kabbaliste, Rabbi Shlomo Batzri, raconta : « Une fois, nous avons demandé à Rabeinou (R. Chaïm) : “Qu'est-ce que la crainte du Ciel ?” R. Chaïm nous répondit : Une fois, j'ai demandé à D.ieu de me donner un aperçu d'une réalité spirituelle élevée... et cette nuit-là, on me montra des choses extraordinaires, très, très élevées... Au milieu de la nuit, je me suis réveillé avec une grande et terrible crainte devant la puissance et la grandeur redoutables de D.ieu, béni soit Son Nom, et en raison de cette immense crainte, j'ai dû changer de vêtements trois fois, car ils étaient trempés de sueur. »
     

Garde tes yeux

Il y a des années, des inondations eurent lieu en Israël et détruisirent de nombreuses maisons. Certaines de ces familles durent vivre dans des hôtels. Un jour, le père de l'une de ces familles vint chez R. Chaïm pour lui raconter tous ses problèmes... Mais R. Chaïm le réprimanda en lui disant : « Tu es habillé comme une personne religieuse ; alors pourquoi regardes-tu par la fenêtre de l'hôtel la télévision et y vois-tu des choses qui ne sont pas conformes à la sainteté ? Qu'en est-il de la garde de tes yeux ? Si tu veilles soigneusement à garder tes yeux, tu mériteras, avec l'aide de D.ieu, toutes les délivrances. »
     

Une bonne mémoire

Lorsque R. Chaïm exhortait le public à garder ses yeux, il rappelait le verset : « Vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur ni à la suite de vos yeux... afin que vous vous souveniez » (Bamidbar/Nombres 15:41) — celui qui garde correctement ses yeux mérite la bénédiction de « afin que vous vous souveniez » : se rappeler dans sa tête toute la Torah qu'il a étudiée. Il y avait un certain Avrekh (étudiant de Kollel) qui connaissait par cœur l'intégralité du Talmud, le Choulhan Aroukh, le Zohar, etc. R. Chaïm disait qu'il avait mérité cela grâce à la garde de ses pensées, en les maintenant pures, depuis son adolescence.
     

Je ne suis pas Eliyahou Hanavi

Un jour, R. Chaïm marchait dans la rue lorsqu'il aperçut devant lui un homme vêtu comme une personne religieuse. Mais grâce à sa vision spirituelle, R. Chaïm vit que cet homme venait de commettre un péché grave... R. Chaïm s'approcha de lui et se mit à lui crier : « N'as-tu pas honte de toi-même ? Tu viens de transgresser un péché grave passible de la peine de Karet (retranchement), et pas même un pour cent de sentiment de repentir et de regret ne pénètre dans ton cœur !? »

L'homme fut complètement bouleversé et pensa un instant qu'il devait s'agir d'Eliyahou Hanavi qui s'était révélé à lui afin de le réprimander pour des choses cachées. Mais R. Chaïm poursuivit : « Je ne suis pas Eliyahou Hanavi ! Je suis simplement un homme qui voit ce que tu viens de faire. Je t'en prie, repens-toi rapidement devant D.ieu et renonce à tes mauvaises actions ! » Les paroles de R. Chaïm pénétrèrent profondément dans son âme et l'homme se repentit complètement.
     

Qu'en est-il de mon fils ?

Un jour, un homme vint chez R. Chaïm et lui présenta trois petits papiers portant trois noms, afin de recevoir une bénédiction pour diverses choses. R. Chaïm, grâce à sa vision spirituelle sans limites, répondit en quelques secondes au sujet des noms inscrits sur le premier et le troisième papier. Mais il s'abstint de répondre au sujet du deuxième papier. L'homme se réjouit des réponses qu'il avait reçues et, oubliant momentanément le deuxième papier, commença à se diriger vers la sortie... Soudain, il revint et demanda à R. Chaïm : « Et mon fils ? »

N'ayant pas d'autre choix, R. Chaïm répondit : « Il est jeune, mais il doit aller voir le kabbaliste Rabbi Batzri afin de faire un Tikoun HaYesod (une rectification pour gaspillage de semence). Grâce à cela, il sortira de tous ses problèmes, et particulièrement de ses difficultés liées à la subsistance. »

L'homme fut complètement stupéfait et comprit pourquoi R. Chaïm ne lui avait pas répondu précédemment. Car il ne voulait pas lui causer de peine.
     

La paix dans le foyer

Un homme vint chez R. Chaïm à la fromagerie en taxi. L'homme entra pour lui demander conseil tandis que le chauffeur de taxi l'attendait dehors dans la voiture. Avant que l'homme ne parte, R. Chaïm lui dit : « Dis au chauffeur de taxi qui t'a amené ici que ce n'est pas sans raison qu'il est sur le point de divorcer de sa femme. S'il veut que je lui explique, qu'il entre ici ! »

Le chauffeur de taxi fut surpris par ce qu'il entendit et entra immédiatement dans la fromagerie pour entendre de R. Chaïm ce qu'il en était de lui-même. Lorsqu'il entra dans la pièce, R. Chaïm éleva la voix et lui dit sévèrement : « Jusqu'à quand continueras-tu tes mauvaises actions ? Jusqu'à quand continueras-tu à transférer les étincelles saintes des âmes vers la Touma (impureté, en raison du gaspillage de semence) ? »

L'homme resta sous le choc et fut complètement déconcerté. Puis R. Chaïm lui sourit et lui dit d'une voix douce : « Repens-toi de tes voies, cesse tes mauvaises actions et immédiatement tu connaîtras la paix dans ton foyer ! » L'homme prit sur lui de se repentir et, grâce à D.ieu, dix ans plus tard, il est toujours heureux en ménage avec sa femme.
     

Lorsque j'entre dans la synagogue, tout est rectifié

Lorsque le Kollel « Yeshivat Shalom » fut ouvert dans son Beth Midrach (synagogue), on lui demanda un jour comment il était possible d'y faire venir des Avrekhim (étudiants de Kollel) dans un tel quartier, où les habitants n'étaient pas religieux et où les femmes ne se promenaient pas vêtues avec pudeur. R. Chaïm répondit : « Lorsque j'entre dans la synagogue, tout est rectifié. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter. »

Rectification des âmes

Comme on le sait, R. Chaïm était impliqué dans un travail manuel. Du matin jusqu'à l'après-midi, il travaillait dans la fromagerie qui lui appartenait. R. Chaïm considérait ce travail comme extrêmement important, comme on peut le voir à travers ce qui arriva un jour où R. Chaïm ne se sentait pas bien pendant l'hiver. Il avait une forte fièvre, proche de 40 degrés Celsius. Soudain, l'un de ses élèves le vit sortir de chez lui et se diriger vers sa voiture. Lorsqu'on lui demanda : « Où Rabeinou va-t-il par un froid pareil, alors qu'il a une fièvre si élevée ? »

R. Chaïm lui répondit : « Je dois aller immédiatement à la fromagerie. Ce sont des choses qui se tiennent dans les hauteurs de l'univers (Rumo Shel Olam), et il est impossible de les comprendre !! » Puis il prit sa voiture jusqu'à la fromagerie et y resta quelque temps sans rien faire. Ensuite, il retourna chez lui pour se reposer. « Les choses cachées appartiennent à D.ieu » (Devarim 29:29).

Dans les livres de Hassidout, il est rapporté que, dans la dernière génération, la génération humble des pas du Machia'h, les tsadikim peuvent œuvrer sur ces âmes humbles précisément en s'investissant dans des activités physiques... Il est fort probable que R. Chaïm accomplissait de telles choses.

Tout le temps qu'il était occupé à un travail physique, son objectif était d'amener les âmes humbles (basses) de notre génération à la rectification, de les élever niveau après niveau, de les conduire au repentir et de les rapprocher de leur Père céleste.

Ainsi, cela se produisait souvent lorsque de nouvelles personnes venaient voir R. Chaïm, qui n'étaient pas considérées comme ses élèves et n'avaient pas l'habitude de venir à la synagogue. Soudain, il se mettait à déplacer certains livres qui se trouvaient à côté de lui, d'un côté à l'autre. Il en faisait de même avec le shtender qu'il tenait. Il semble que tout ce qui paraissait n'être que de simples gestes physiques constituait en réalité une grande dissimulation, derrière laquelle il s'employait à rectifier les âmes des personnes qui l'entouraient.

R. Chaïm ressentait une grande responsabilité envers toute la génération. Lorsque des personnes venaient le voir et lui racontaient une certaine épreuve spirituelle qu'elles traversaient, et qu'il leur était difficile de la surmonter, R. Chaïm éclatait en sanglots amers et pleurait avec elles comme s'il s'agissait de sa propre épreuve. Ainsi, il priait pour elles, les encourageait à continuer sur le chemin de la sainteté et leur donnait la force de surmonter leur mauvais penchant.

D'un autre côté, lorsque R. Chaïm voyait un homme s'efforcer d'accomplir une mitsva, il se réjouissait énormément, comme s'il accomplissait lui-même cette mitsva. Il se réjouissait des bonnes actions accomplies par les autres.
     

Qui est un étudiant (talmid) de Rabbénou ?

Il y a des années, lorsque R. Chaïm se rendait, le 25 Eloul, sur les tombes des Tsadikim, il organisait des repas et, une année, il distribua une feuille sur laquelle il était écrit que quiconque souhaitait être son étudiant devait observer les choses suivantes :

1. Réciter le Tikoun ‘Hatsot (prière de minuit) chaque nuit.
2. S’immerger dans un mikvé chaque jour, ou au moins deux fois par semaine.
3. Lire chaque jour la « lettre du Ramban ».
4. Lire le livre des Téhilim (Psaumes) chaque semaine. Et si possible, terminer les Téhilim durant les jours de semaine, puis les terminer à nouveau pendant le Chabbat.
5. Se consacrer à l’étude assidue de la Torah chaque jour pendant au moins deux heures.
Celui qui signait et acceptait sur lui-même ces résolutions, il écrivait son nom sur une feuille et priait pour lui concernant les sujets pour lesquels il avait sollicité son aide.

R. Chaïm disait : « N’ayez pas peur d’accepter sur vous-même ces résolutions. Pour celui qui pense qu’il lui sera difficile de les maintenir chaque jour, je prierai pour lui et il pourra facilement les accomplir. »

Dans un rêve

R. Chaïm venait parfois voir ses étudiants en rêve. Parfois, il leur adressait des remontrances afin qu’ils se repentent ; parfois, il les encourageait et apportait de la joie à leur cœur parce qu’ils avaient résisté à une épreuve difficile et surmonté leur mauvais penchant. Un certain Avrekh (étudiant en kollel), qui ne faisait pas partie de ses étudiants, raconta qu’à une certaine époque, lorsqu’il se rendait au kollel, il lui arrivait de trébucher en regardant des choses interdites. Un jour, lorsque commencèrent les jours de "Chovavim", il prit la résolution de surmonter son mauvais penchant, de dominer ses désirs et de préserver correctement ses yeux. En vérité, bien que le mauvais penchant pour cela brûlât en lui, il se protégea de toutes les manières afin de ne pas trébucher en regardant des choses interdites. Cette nuit-là, R. Chaïm vint à lui en rêve, l’encouragea et lui apporta de la joie à ce sujet, et le bénit avec la Birkat Kohanim (bénédiction des Kohanim).
     

Les bougies du matin

R. Gideon Rabiyov raconta : R. ‘Chaïm avait pour coutume d’allumer des bougies chaque jour avant la prière du matin. La plupart des années, il allumait 10 bougies : 1 bougie dans un récipient, 2 bougies dans un autre récipient, et 7 bougies dans un troisième récipient. L’un de ses étudiants, qui étudiait également avec R. Rabiyov, voulut adopter cette coutume et allumer des bougies comme R. ‘Chaïm, mais R. Rabiyov le lui déconseilla en disant : « Tout ce que Rabbénou fait ne doit pas nécessairement être suivi. C’est une personne unique et il agit pour ses propres raisons. » L’étudiant ne fut pas satisfait et demanda à R. ‘Chaïm s’il pouvait lui aussi faire de même. R. ‘Chaïm lui répondit : « Tout ce que je fais ne doit pas nécessairement être suivi. Veux-tu que je te révèle la raison pour laquelle j’allume des bougies ? Mais ne divulgue surtout pas cela !... La nuit, de nombreuses âmes viennent à moi en quête d’un tikoun (rectification). Lorsque j’allume les bougies, je fais monter avec la prière du matin qui s’élève de nombreuses âmes à la fois. »

Une autre fois, quelqu’un prit la bouteille d’huile d’olive que Rabbénou utilise, en disant qu’il était trop coûteux d’utiliser de l’huile d’olive propre à la consommation pour allumer des bougies. Rabbénou dit : « S’il savait pour quels Tsadikim j’allume des bougies, il ne dirait pas cela. » Il ajouta : « Il est impossible de décrire les grands tikounim qui sont accomplis grâce à cela. » Une fois, il n’avait pas d’allumettes pour allumer les bougies. Il prit une allumette déjà utilisée, fit un geste avec ses mains et, chose merveilleuse, l’allumette s’alluma. Il alluma ainsi les bougies devant toutes les personnes présentes.
     

Les fenêtres

Son étudiant Menashe H. raconta : il y a vingt ans, j’avais remarqué que Rabbénou touchait souvent les fenêtres de la synagogue, près de l’endroit où il se tenait, les ouvrant et les fermant à de nombreuses reprises. Finalement, je lui demandai quelle en était la raison. Rabbénou répondit : « Sache que lorsque je donne le cours, de nombreuses âmes viennent ici pour recevoir un tikoun (rectification). Et chaque fois que je sens qu’il y a trop de bruit à cause des nombreuses âmes, je suis obligé de fermer la fenêtre afin qu’elles ne me dérangent pas dans mon étude. »

Rabbi Nachman Meoded raconta : Rabbi ‘Halban nous dit un jour : « Des anges viennent à mon cours, mais je ne les regarde pas. Je ne regarde que vous. Je ne leur accorde même pas un regard. » src
     

Ils nous attendent

Le Chabbat, avant la prière de Min’ha (prière de l’après-midi), Rabbénou donnait un cours de Halakha (lois) tiré du livre « Ben Ich ‘Haï » de R. Yossef ‘Chaïm de Bagdad (ancien grand rabbin de Bagdad et grand kabbaliste). Très souvent, Rabbénou disait que l’auteur du Ben Ich ‘Haï était assis juste à côté de lui pendant tout le cours. Parfois, le cours s’écartait vers d’autres sujets qui ne figuraient pas dans le livre. Rabbénou frappait alors doucement sur la table et disait : « Le Rav, le Ben Ich ‘Haï, nous attend. Continuons avec les Halakhot. » Un autre fait intéressant qui se produisait fréquemment durant le cours sur le Ben Ich ‘Haï est que, très souvent, lorsque Rabbénou prononçait le nom du kabbaliste Sasson Mordekhaï (auteur du « Kol Sasson » et disciple de R. Yossef ‘Chaïm) au cours de la discussion sur la Halakha, il se soulevait légèrement de sa chaise, comme pour lui rendre hommage pendant l’étude.

Les âmes des Tsadikim de toutes les générations se révélaient à Rabbénou. Voir les questions-réponses « Mili de’Hassidouta » dans le livre « Osri LaGefen », où Rabbénou décrit la forme de la barbe de l’Arizal, ainsi que les vêtements des saints Patriarches (Abraham, Isaac et Jacob, etc.), la manière dont ils s’habillaient durant la semaine, le Chabbat et les fêtes, ainsi que d’autres choses qu’il serait impossible de connaître sans le témoignage oculaire de Rabbénou, à qui toutes les choses cachées étaient révélées.
     

La sorcière

Un étudiant de Rabbénou raconta qu’un jour, une femme de son travail vint le voir et lui raconta qu’elle était accablée de problèmes et de mauvaises choses. La veille, elle était allée consulter une femme particulière qui pouvait voir toutes les choses cachées qui arrivaient aux gens, « elle connaît des choses à venir ». Elle savait également comment sauver quelqu’un de ses difficultés, enlever le « mauvais œil », la « sorcellerie », etc. Elle semblait tellement impressionnée par elle qu’elle essayait de me convaincre d’aller moi aussi vérifier ses pouvoirs extraordinaires.

Je refusai, cela ne m’impressionnait pas et j’essayai de continuer à travailler. Mais elle insista et continua à dire combien elle était impressionnée, sans me laisser tranquille. Lorsqu’elle vit que je n’étais pas convaincu, elle me demanda d’écrire mon nom et le nom de ma mère sur un morceau de papier qu’elle montrerait à cette femme particulière, et nous verrions ce qu’elle dirait.

Le lendemain, elle revint au travail très agitée. Elle vint me voir en disant : « Ne me demande surtout pas ce que j’ai fait hier !!! Je suis allée voir cette femme et, dès que j’ai posé devant elle le papier portant ton nom, elle s’est enfuie en hurlant : “Éloigne ce papier de moi. Je vois qu’il est relié à une lumière très puissante à laquelle je suis incapable de faire face... Éloigne le papier... prends-le et ne reviens plus jamais ici.” » J’ai pris le papier et je suis parti, très embarrassé, tandis qu’elle n’arrêtait pas de maudire et de crier pour que je parte le plus vite possible.
     

Il perdit tout son niveau spirituel

Un certain rabbin très célèbre demanda à l’un des étudiants de Rabbénou de lui demander la permission de venir le voir. Cela se passait il y a environ dix-huit ans. Lorsque Rabbénou apprit que ce rabbin souhaitait venir le voir, il dit à son étudiant : « Évite-le et ne lui réponds pas ! Car il possède des mérites et, grâce à eux, il peut mériter une révélation d’Eliyahou Hanavi... Mais pour cela, il a besoin de préparatifs, et je dois donc aller le voir et le préparer auparavant... Lorsqu’il me verra vêtu comme une personne simple et que je me révélerai à lui, alors il sera préparé à une révélation d’Eliyahou Hanavi. »

La rencontre fut ainsi reportée. Mais quelques années plus tard, ce rabbin célèbre trébucha dans une épreuve concernant les relations entre l’homme et son prochain. Lorsqu’il trébucha et ne surmonta pas cette épreuve, Rabbénou dit à son étudiant : « Ce rabbin vient de perdre tout son niveau spirituel. » Quelque temps après, lorsque ce rabbin vint chez Rabbénou, celui-ci refusa de le recevoir et le fit repartir.
     

Grâce à la tsédaka (charité), la prière monte facilement

Rabbénou veillait à donner de la tsédaka avant la prière. Il disait que grâce à cela, l’homme rachète (podeh) sa prière de tous les mékatreguim (accusateurs), et la prière peut facilement monter favorablement devant D.ieu, béni soit-Il. Une fois, il réprimanda l’un de ses étudiants : « Pourquoi ne veilles-tu pas à mettre de côté 3 proutot pour la tsédaka pendant “Vayevarekh David” ? Une personne doit préparer des proutot (petites pièces) avant la prière et, lorsqu’elle arrive à “Véata mochèl bakol”, elle doit immédiatement mettre la tsédaka de côté ; grâce à cela, elle méritera également une bonne parnassa (argent). »
     

À la sortie du Chabbat, il s’acquitte de son vœu

Les dons et les vœux (nédarim) que Rabbénou s’engageait à donner à la synagogue pendant le Chabbat, il avait pour coutume de les payer immédiatement après la tombée de la nuit. Il préparait l’argent avant même le Chabbat, afin de pouvoir immédiatement s’acquitter de la dette qu’il avait contractée par son vœu pendant le Chabbat. Il exhortait les gens à suivre ce qui est écrit dans le livre Réchit ‘Hokhma : « Tant qu’une personne ne s’acquitte pas de ses vœux, ses prières ne sont pas acceptées au Ciel. » Mais ce n’est pas tout : dès le mois de Tamouz, il payait déjà des sommes importantes pour les vœux qu’il ferait ultérieurement pendant les fêtes fêtes du Nouvel An juif.
     

Ton fils fait beaucoup de bonté

Un jour, un homme vint chez Rabbénou pour recevoir une bénédiction. Il était père de deux fils, l’un en classe de 5e et l’autre en classe de 4e. Le père s’interrogea devant Rabbénou sur la différence qu’il constatait entre ses deux fils : « Pourquoi mon fils cadet réussit-il très facilement à comprendre les études à l’école, tandis que mon fils aîné doit travailler très dur pour réussir ses examens ? » Rabbénou lui répondit : « Ton fils cadet a l’habitude de faire beaucoup de bonté à la maison sans qu’on ait besoin de lui demander quoi que ce soit. Mais ton fils aîné n’agit pas ainsi. Même lorsqu’on lui demande de faire quelque chose, il ne le fait que lorsqu’on l’y contraint fortement. »
     

L’honneur de la femme est l’honneur de la Chékhina

À de nombreuses personnes qui venaient le voir avec toutes sortes de problèmes, il disait immédiatement d’honorer leur épouse et que tout s’arrangerait. Car leur bénédiction ne peut résider s’il n’y a pas de paix. Il avait également l’habitude de toujours dire : « Lorsqu’une personne veut vérifier si elle a commencé à réparer ses fautes, qu’elle examine attentivement la manière dont elle se comporte avec sa femme et avec les membres de son foyer. »

Il disait également souvent : « Sachez que le fondement général du peuple juif est déjà réparé. Dans cette génération, le principal tikoun (rectification) concerne la Mal’hout (la dixième et dernière des séfirot kabbalistiques). Et quiconque s’investit dans le tikoun de la Mal’hout, dans tout ce qui concerne la Chékhina, méritera, avec l’aide de D.ieu, la Guéoula Chléma (rédemption complète). » Rabbénou mentionnait souvent que l’honneur de son épouse est l’honneur de la Chékhina (présence divine). Celui qui honore sa femme honore la sainte Chékhina. Et dans le cas contraire, il cause de la souffrance et de l’exil (tsar et galout) à la Chékhina.

Il exhortait également les gens en disant : « Un homme qui n’honore pas sa femme, comment sa prière pourrait-elle être acceptée En Haut ? Car la femme correspond à la Chékhina, et tous les tikounim de la prière sont pour l’honneur de la Chékhina. Si une personne n’honore pas sa femme, la Chékhina, il n’y a pas de plus grand péguem (dommage) que cela pour sa prière. »

Un jour, un érudit en Torah vint chez Rabbénou. Il avait l’habitude de prier avec les kavvanot du Rashach (méditations kabbalistiques). Rabbénou lui adressa des remontrances : « À quoi bon prier avec les kavvanot du Rashach, si tu ne consacres pas de temps à ta femme et ne l’honores pas comme il se doit ? La femme est le tikoun de la Chékhina, et la prière d’un homme n’a aucune force tant qu’il n’honore pas correctement sa femme. »
     

Kefitzat Haderech (déplacement miraculeux)

Un jour, on demanda à Rabbénou : existe-t-il aujourd’hui des personnes capables d’accomplir la kefitzat haderech (un déplacement miraculeux entre deux endroits en un temps très bref) ? Rabbénou répondit : « Pour accomplir la kefitzat haderech, outre le fait qu’il faut apprendre comment procéder, il faut également posséder une sainteté spéciale. Nombreuses sont les personnes qui ont appris comment faire cela, mais elles n’y sont pas parvenues parce qu’elles n’étaient pas suffisamment intègres dans leur sainteté. »

Rabbénou ajouta à l’un de ses étudiants : « De nombreuses fois, j’ai utilisé la kefitzat haderech pour le peuple juif... Une fois, pendant la prière, je priais la nuit afin d’annuler un terrible décret. Soudain, je vis que si je me rendais au Kotel (Mur des Lamentations), je pourrais facilement annuler le décret... Je descendis rapidement jusqu’à ma voiture et accomplis la kefitzat haderech afin de ne pas laisser passer ce moment de miséricorde. En une seconde, je me trouvai déjà près du Kotel. J’y priai et, avec l’aide de D.ieu, le décret fut annulé. Puis je rentrai normalement chez moi avec ma voiture.

Lors d’un autre événement, un jour, le vieux kabbaliste R. Yitz’hak Kadouri, de mémoire bénie, appela Rabbénou au téléphone et lui dit : « Sache qu’un terrible décret plane actuellement sur le peuple juif. Je te prie de te rendre immédiatement au Kotel, le lieu de la Chékhina, et grâce à la puissance de ta prière, tu annuleras le décret qui pèse sur le peuple juif. » Lorsque Rabbénou entendit cela, il monta dans sa voiture avec l’un de ses assistants, qui allait conduire. Rabbénou demanda au conducteur de fermer les yeux et, quelques secondes plus tard, lui dit de les rouvrir. Et voici qu’ils se trouvaient à côté du Kotel.
     

Retarder une guerre

Une certaine année, l’Amérique envoya des navires de guerre en direction de la Syrie et des menaces furent proférées depuis la Syrie : si l’Amérique les attaquait, ils attaqueraient immédiatement Israël. Cela se produisit à la fin du mois d’Eloul, avant Roch Hachana. Rabbénou avait l’habitude de se rendre sur les tombes des Tsadikim pendant le mois d’Eloul et, lorsque cela se produisit, il se rendit sur la tombe de Benayahou ben Yehoyada. Au milieu de la prière, Rabbénou s’arrêta soudainement et se mit à parler comme si quelqu’un se trouvait à côté de lui, en disant : « Pourquoi avons-nous besoin d’une guerre maintenant ? En ces jours, le peuple juif est entouré de Mitsvot : Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot, les quatre espèces... Comment pouvons-nous avoir une guerre maintenant ? Ce n’est pas possible. Le peuple juif doit accomplir les Mitsvot en sécurité, sans guerre. » Il parla ainsi comme si quelqu’un se trouvait à ses côtés, et toutes les personnes présentes ressentirent une grande frayeur en voyant cela.

Lorsque Rabbénou eut terminé ses paroles, il fit des Hakafot (circumambulations) autour de la tombe. Deux jours plus tard, les Américains décidèrent de retirer leurs navires et la menace qui pesait sur Israël fut levée.
     

Un soldat spirituel

Rabbi ‘Chaïm Feder raconta que, le 20 Iyar 5760 (25/05/2000), pendant la seconde Intifada qui faisait rage, Rabbénou lui demanda, ainsi qu’au kabbaliste R. Ye’hezkel Bing, d’aller prier sur la tombe du Tsadik caché Yossef Waltuch, située au sommet du cimetière du mont des Oliviers. Rabbénou, étant Cohen, n’avait pas le droit de se rendre dans un cimetière. C’était en effet le jour de sa Hiloula, et il leur demanda d’y réciter des Téhilim pour son âme et également de prendre un papier qu’il leur remettrait et de le déposer sur la tombe.

Les deux hommes se rendirent en voiture au cimetière du mont des Oliviers, mais pendant tout le trajet, R. Feder ressentit une immense peur à l’idée de s’y rendre en raison des grands dangers qui existaient à cette époque. Lorsqu’ils arrivèrent sur place, il eut peur de sortir de la voiture. Il téléphona à Rabbénou. Rabbénou décrocha et dit immédiatement : « Pourquoi ne vas-tu pas à la tombe ? » Ils lui expliquèrent que R. Feder avait peur de sortir de la voiture. Rabbénou dit aussitôt : « Dans ce cas, je vous envoie maintenant un garde pour toute la durée de votre présence au cimetière. » Un instant plus tard, ils virent tous les deux un soldat portant une arme sur l’épaule s’approcher de leur voiture afin de les escorter. Les deux hommes sortirent de la voiture et se rendirent au cimetière, jusqu’à la tombe de R. Yossef Waltuch. Ils firent ce que Rabbénou leur avait demandé et déposèrent le papier sur la tombe. Pendant tout le temps où ils se trouvèrent là, le soldat faisait des allers-retours et surveillait les alentours afin d’empêcher des Arabes de s’approcher d’eux. Lorsqu’ils eurent terminé leurs prières et retournèrent à la voiture, le soldat partit. C’était merveilleux... Lorsqu’ils demandèrent ensuite à Rabbénou qui était le soldat qui les avait gardés, il répondit : « Ce n’était pas un soldat ordinaire. C’était un garde spirituel venu vous protéger sous l’apparence d’un soldat. »


R. Yossef Waltach pendant Souccot

     

Les femmes ne devraient pas se rendre dans les cimetières

Lors d’un de ses cours, Rabbénou raconta qu’une femme était venue le voir. Elle avait l’habitude de se rendre chaque vendredi au cimetière pour visiter la tombe d’un de ses proches. Rabbénou lui dit que des esprits mauvais s’étaient attachés à elle, qu’elle traversait de très grandes difficultés et que son salut semblait très éloigné. Rabbénou fit pour elle un tikoun particulier et, grâce à D.ieu, elle sortit de toutes les difficultés qui l’entouraient. Il exhorta ensuite les femmes en leur disant qu’elles ne devraient pas du tout se rendre dans les cimetières. Seul le jour de la Hiloula, elle peut être indulgente concernant les sept proches parents (mère, père, fils, fille, frère, sœur, conjoint). Il ajouta que cela se trouve également dans les écrits du Gaon de Vilna : la plupart des difficultés qui touchent le peuple juif sont dues aux femmes qui se rendent dans les cimetières. Par conséquent, les femmes ne devraient en aucun cas s’approcher des cimetières, à l’exception du cas mentionné ci-dessus.
     

Les tombes des Tsadikim

Rabbénou dit un jour : « Lorsqu’une personne se rend sur la tombe de R. Chimon bar Yo’haï à Méron, sachez que, bien que R. Chimon bar Yo’haï se mette en colère contre les personnes qui viennent sur sa tombe avec toutes sortes de péchés, et en particulier des péchés liées à la sainteté, néanmoins, à la fin, il leur pardonne à tous et n’abandonne personne sans l’inciter à faire téchouva (repentir) et à lui accorder le salut dont il a besoin. » Il disait également : « Celui qui danse sur la tombe de R. Chimon bar Yo’haï en chantant le chant “Bar Yo’haï...” peut réellement voir comment R. Chimon bar Yo’haï danse avec lui. » Il disait également à ce sujet : « Sur les tombes des Tsadikim, il y a dans l’air un parfum particulier provenant de la sainteté qui y réside, et particulièrement sur la tombe de R. Chimon bar Yo’haï à Méron. Certains Tsadikim ont le mérite de sentir ce parfum. »

Il disait : « Sur la tombe du Ram’hal à Tibériade, on peut atteindre des niveaux très élevés, et il est très recommandé d’y prier et d’y étudier. Les tombes de Yehouda ben Yaakov à Yehoud, de Shmouel Hanavi à Rama et du roi David au Har Tsion sont propices à la prière pour la Guéoula. L’endroit approprié pour prier auprès de David est à l’entrée de la grotte. La tombe de R. Tarfon est propice à la parnassa (argent), et, de manière générale, les tombes des Tannaïm sont propices aux Chidoukhim (trouver un conjoint). »

Lorsqu’on se rend sur la tombe d’un Tsadik dans un cimetière, si l’on peut s’immerger ensuite (dans un mikvé), on peut y entrer. Sinon, il vaut mieux ne pas entrer dans le cimetière, car la touma (impureté spirituelle) y est grande. Il en va de même pour les tombes de tous les Tsadikim ayant vécu après l’époque du Talmud. En revanche, sur la tombe de R. Chimon bar Yo’haï, il suffit de se laver les mains après avoir quitté le lieu de la tombe.

Car lorsqu’une personne se trouve sur la tombe d’un Tsadik, la sainteté d’En Haut illumine le lieu, mais lorsqu’elle le quitte, la touma se renforce et s’en empare (c’est pourquoi l’immersion est nécessaire, comme indiqué précédemment).

À la grotte des Patriarches, la tête d’Essav est enterrée près de l’entrée, du côté droit, à l’endroit où se trouvent les bibliothèques. Il est bon de se tenir là et d’avoir l’intention d’en extraire les étincelles de sainteté. Mais pour les autres non-Juifs, cela peut être dangereux.

Chaque mois, les Patriarches et les Matriarches (Abraham, Isaac, Jacob, Sarah, Rivka, etc.) viennent au Kotel à une date différente pour pleurer sur la destruction du Temple, et chaque vendredi, ils y viennent à midi pour une durée de trois heures. La plupart du temps, la Chékhina s’y trouve de minuit jusqu’à midi, ainsi qu’au moment de Min’ha le vendredi. Lorsque la Chékhina quitte cet endroit, elle se rend à Kever Rachel et parfois aux tombes d’autres Tsadikim (p. 225).

L’ancien cimetière de Tsfat possède une sainteté spéciale et il y a comme une sorte de feu qui plane au-dessus de lui.



 
Il disait : les âmes des Tsadikim se trouvent sur leur tombe la veille de Roch ‘Hodech (le jour précédant le nouveau mois, le 29) ainsi que le 15 du mois. Par conséquent, le moment de l’hichtat’hout (se prosterner) sur les tombes des Tsadikim commence au coucher du soleil (la nuit du 29) jusqu’à midi (du 29). La coutume est de s’y rendre jusqu’à trois heures après midi, mais il est préférable d’y aller avant midi... Et durant ces jours où les Tsadikim se trouvent sur leurs tombes, on peut s’adresser à eux. Mais lorsqu’ils ne se trouvent pas sur leurs tombes, il ne faut pas s’adresser à eux. Il faut plutôt uniquement prier D.ieu afin qu’Il entende sa prière par le mérite du Tsadik. Mais celui qui sait et qui est capable de les invoquer même à d’autres moments peut également s’adresser à eux. Pendant ‘Hol Hamoed, les Tsadikim ne se trouvent pas sur leurs tombes comme pendant Yom Tov.

Il est préférable de visiter les tombes des Tsadikim et de s’y prosterner pendant la journée plutôt que la nuit. Il ne faut pas visiter une tombe deux fois au cours d’une même journée. Mais, dans ce contexte, minuit constitue une séparation. Ainsi, s’il s’y trouvait avant minuit, il peut y retourner le matin.

Rabbénou affectionnait particulièrement la tombe de R. Yehouda Léon Patilon et disait souvent : « Celui qui a besoin d’une delivrance (pour sortir de ses difficultés), qu’il se rende sur la tombe de R. Yehouda Patilon, et je lui promets que sa prière sera accueillie favorablement. »
     

Poursuivez-moi en justice

Rabeinou était très peiné par les difficultés des bnei Torah, des yeshivot, des kollelim, etc. — par les persécutions de toutes sortes de personnes antireligieuses au sein du gouvernement ou autres. Un jour, il dit : « Si ces responsables de la défense savaient à quel point ces yeshivot et ces kollelim protègent le pays, ils chasseraient les ministres antireligieux du ministère de la Défense. Car il n’existe aucune protection pour Israël si ce n’est par le mérite de la sainte Torah. Ils (les yeshivot et les kollelim) sont en première ligne dans la bataille contre nos ennemis. Ce n’est que par le mérite de la Torah que le peuple juif et la Terre d’Israël sont protégés. »

Lors d’un de ses cours, Rabeinou parla contre un ministre du gouvernement qui s’en prenait au judaïsme en Israël et disait du mal des Juifs religieux. Le matin, l’assistant de ce ministre appela Rabeinou et lui dit : « Vous savez que dans votre cours d’hier, vous avez parlé contre un ministre d’Israël. C’est un délit puni par la loi ! »

Immédiatement, Rabeinou éleva la voix au téléphone et commença à énumérer à l’assistant du ministre toutes ses [méfaits] passés, un par un. Puis il lui dit : « Si vous voulez me poursuivre en justice, allez-y, mais j’ai beaucoup de choses à vous réclamer. » L’assistant fut complètement bouleversé et, face au silence total qui régnait à l’autre bout du fil, Rabeinou raccrocha, le laissant seul avec lui-même.
     

Qui peut étudier la Kabbale ?

Lorsque l’on demanda à Rabeinou : « Qui est apte à s’investir dans la sagesse de la Kabbale ? » Il répondait : « La chose ne dépend pas de l’âge, mais plutôt de la sainteté de l’homme... Un homme qui s’efforce de se préserver dans la sainteté et qui s’immerge dans un mikvé peut étudier la Kabbale et n’a absolument rien à craindre de toutes sortes de dommages. Seul celui qui ne se préserve pas dans la sainteté et qui s’investit dans la Kabbale peut en subir des dommages. »

Il conseillait de toujours commencer par le livre Shaarei Orah, en disant : « Le livre Shaarei Orah ouvre à l’homme des portes et de vastes espaces dans la sagesse du Sod (la Kabbale). » Il encourageait également les gens à étudier le livre Tomer Devorah, et particulièrement pendant le mois d’Eloul et les Jours redoutables..
     

Sans barbe

Rabeinou, dans sa grande humilité, portait des vêtements simples ainsi qu’une casquette, et n’avait pas de barbe. Cela était dû à sa peau extrêmement sensible, car le fait de laisser pousser sa barbe lui causait de graves problèmes cutanés. (Il se rasait même pendant la période du compte du Omer.) Néanmoins, il encourageait ceux qui se laissaient pousser la barbe. Un jour, un jeune étudiant lui dit qu’il avait honte de se laisser pousser la barbe, à quoi Rabeinou répondit : « Dans ce cas, laisse simplement la racine des poils de la barbe et tu auras accompli ton obligation... Mais sache que chaque nuit je pleure de ne pas pouvoir me laisser pousser la barbe à cause de ma peau sensible. »

Un jour, quelques jeunes étudiants de Rabeinou rendirent visite au Rabbi hassidique, R. Yitzchak Meir Morgenstern, afin de recevoir une bénédiction. Le Rabbi leur répondit : « Il est écrit dans le saint Zohar que le principal shefa (flux) dépend de la barbe. Ce sont les canaux du shefa. Par conséquent, si vous voulez une bénédiction, prenez sur vous de vous laisser pousser la barbe, ne serait-ce qu’en laissant la racine des poils. Par cela, vous mériterez une bénédiction. » Les étudiants lui demandèrent immédiatement : « Dans ce cas, pourquoi Rabbi Chaïm Cohen, le Chalban, se rase-t-il la barbe ? »

Le Rabbi sourit et dit : « On ne pose pas de questions sur R. Chaïm. Il est bien au-dessus, provenant de la racine d’Atika Kadisha. Là-bas, il n’y a pas de dikna (barbe), et il est impossible de sonder ses niveaux, car ils se trouvent au-dessus de l’endroit de la barbe. »
     

Tikun Chatzot

Au cours de ses dernières années, Rabeinou témoigna que, durant les quarante années précédentes, il n’avait pas manqué une seule fois le Tikun Chatzot à l’heure. Il récitait cette prière en pleurant abondamment pendant une heure ou davantage. Il exhortait tous ses élèves à être méticuleux dans la récitation quotidienne du Tikun Chatzot. Il leur demandait cela avec beaucoup d’insistance et disait : « Même un homme simple qui prie pour la sainte Shekhina produit une grande impression dans le Ciel, et Hachem se réjouit de telles prières. Cela rapproche grandement le Machia'h et fait en sorte qu’il vienne avec une grande miséricorde. » Lors d’un de ses cours, il dit un jour : « Dans le Choul'han Aroukh, il est écrit : “Il convient à tout homme qui craint le Ciel d’être metzer... la nuit.” Cela signifie-t-il que celui qui n’est pas yerei shamayim (craignant le Ciel) n’a pas besoin de pleurer pour la Shekhina ? Au contraire, celui qui n’a pas de yirat shamayim doit avant tout prier pour lui-même, pour son état spirituel, puis, lorsqu’il améliore ses actes, il peut élever la sainte Shekhina. »
     

Gilgoul du Kohen Gadol

L’âme-racine de Rabbenou Chaïm provient du saint Tanna Rabbi Yishmaël Kohen Gadol, qui servit comme grand prêtre dans le Temple de Jérusalem et entra dans le Saint des Saints à Yom Kippour. Rabbi Chaïm témoigna à son propre sujet qu’il se souvenait parfaitement de tout l’ordre du service dans le Temple, de l’emplacement de tous les ustensiles, ainsi que de la manière dont étaient confectionnés les vêtements et le Ketoret (encens). Il pouvait également montrer et expliquer concrètement ces choses dans leurs moindres détails — tout cela de mémoire, de l’époque où il les avait vues de ses propres yeux dans le Saint Temple et où il avait servi comme grand prêtre. (Btzel Ilan Hachaim vol.1 pg.272)
     

Âme du Cohen Gadol

Rami Avodi, un élève de Rabbenou, raconta qu’un jour, il eut un débat avec un élève du Tsadik, Rabbi David Abouhatséra (un homme doué de rouah hakodesh et petit-fils de Baba Salé). Rabbi Abouhatséra avait conseillé à son élève de faire telle ou telle chose, tandis que Rabbi Chaïm conseilla à Rami d’agir différemment. Rami se rendit auprès de Rabbenou et lui rapporta ce que le Tsadik Rabbi David Abouhatséra avait dit. Rabbenou écouta ses paroles et dit à Rami : « Va chez Rabbi David Abouhatséra et dis-lui ce que je t’ai conseillé, puis fais tout ce qu’il te dira. »

Les deux élèves se rendirent à Nahariya (dans le nord d’Israël) et furent reçus par Rabbi David Abouhatséra. Lorsque Rabbi David entendit le nom de Rabbenou, il répondit : « Rabbi Chaïm le Cohen, nishmat Cohen Gadol (l’âme du grand prêtre) de la génération, quoi qu’il dise, fais-le. J’annule mon opinion devant la sienne. »
     

Ordre du Cohen Gadol

À l’approche des grandes fêtes, Rabbenou se préparait et étudiait toutes les Kavanot (intentions kabbalistiques concernant les Noms et attributs divins) que le Cohen Gadol (grand prêtre) avait à l’esprit durant le service dans le Saint Temple, et en particulier celles relatives à l’ordre du service de Yom Kippour. C’était le grand jour, une fois par an, où le Cohen Gadol entrait dans le Saint des Saints et implorait D.ieu à travers le service du Saint Temple, afin d’expier toutes les fautes d’Israël. Rabbenou revoyait plusieurs fois toutes les Kavanot que le Cohen Gadol devait avoir durant le service, telles qu’elles sont rapportées dans le livre « Brit Menouha », afin d’être préparé pour ce grand jour. Lorsqu’il était Chalia’h Tsibour (officiant de la prière à la synagogue) et qu’il récitait l’ordre du service du Temple (Seder Avoda), il avait alors toutes les Kavanot (intentions) et priait la prière de Yom Kippour ainsi que l’ordre du service du Temple en pleurant beaucoup.
     

Où est Rabbi Yehouda Patilon ?

Rabbenou avait l’habitude de prier et de diriger l’office de Yom Kippour à la synagogue « Eliyahou Hanavi » de Tel-Aviv, que son père, Rabbi Ezra, avait fondée. Rabbenou avait l’habitude de dire : « À Yom Kippour, de nombreuses âmes de Tsadikim viennent dans cette synagogue que mon père a fondée. » En effet, de nombreuses personnes qui y priaient ont rapporté avoir vu ou ressenti des phénomènes spirituels à Yom Kippour dans la synagogue. Par exemple, une année, un élève de Rabbenou vint raconter : « Au milieu de la nuit, un homme est venu ici et m’a demandé : “Où se trouve Yehouda Patilon ici ?” Je lui ai répondu innocemment : “Rabbi Yehouda est décédé il y a plusieurs décennies.” L’homme s’en alla et disparut. »
     

Rabbi Ezra nomme un officiant

L’un des élèves de Rabbenou, Rabbi Yinon Y., raconta qu’il était assis près de la Téva (estrade depuis laquelle l’officiant dirige la prière de l’assemblée) à Yom Kippour. Il vit alors l’un des membres de l’assemblée, un homme âgé à l’apparence très simple, assis sur la Téva, à savoir Adon Yehezkel, que Rabbenou tenait en très, très haute estime. Adon Yehezkel se leva de sa chaise et tenta de descendre de la Téva. Mais soudain, il fut repoussé sur la Téva encore et encore. Il ne parvenait pas à en descendre. Il était évident comme le jour que quelqu’un d’invisible le repoussait en arrière.

Rabbi Yinon s’approcha de lui et lui demanda : « Adon Yehezkel, que s’est-il passé ? Pourquoi êtes-vous repoussé ainsi ? » Il répondit innocemment : « Rabbi Ezra — (le père de Rabbenou, décédé quelques décennies auparavant) — m’a poussé et m’a dit : “Tu seras le Hazzan (officiant qui dirige la prière) ici !” » Il ajouta : « Rabbi Avraham Cohen est également avec lui, ainsi que deux autres Tsadikim que je ne reconnais pas. » Lorsque les gens commencèrent à poser des questions à Adon Yehezkel, il porta sa main à sa bouche et dit : « Ils m’interdisent de parler… » Ce fut un véritable prodige.
     

Le dernier Yom Kippour

Lors du dernier Yom Kippour de Rabbenou, une inspiration particulière se manifesta pendant le Seder Avoda ; un esprit de sainteté planait autour des personnes qui priaient dans la synagogue lorsque Rabbenou récitait le Seder Avoda — de puissantes émotions du cœur, une grande inspiration et un attachement sacré au Créateur du monde.

Quelques jours plus tard, l’une des personnes qui avaient prié là demanda à Rabbenou : « Rabbenou, cette année, pendant le Seder Avoda, j’ai senti que mon âme était en train d’être guérie. » Rabbenou écouta attentivement ses paroles, puis sourit largement et dit : « Quel mérite ! Tu étais avec moi dans le Temple d’en-Haut (Beit Hamikdash Haélyon) ! » C’est ainsi que Rabbenou apparaissait lors du Seder Avoda. Il était dans ce monde, mais il n’y était pas. Sa tête était tournée vers le bas, mais lui se tenait (en haut), derrière le Pargod (rideau du Saint des Saints), et priait pour tout Israël, à l’image du Cohen Gadol entrant dans le Saint des Saints.
     

Je dois vérifier que tout va bien

En raison de la grande responsabilité que Rabbenou ressentait à l’égard de la situation d’Israël, Rabbenou agissait comme les anciens Tsadikim, protecteurs de la génération, et posait toujours des questions au Ciel. Il accomplissait de grands et redoutables Yihoudim pour la sainte Shekhina et pour le peuple d’Israël — et tout cela dans un parfait secret, sans qu’aucune personne ne ressente ni ne connaisse quoi que ce soit de ses actes et de ses voies.

De même, chaque nuit, il faisait une Aliyat Neshama (ascension/ élévation de l’âme), recevait l’enseignement de Torah des Tsadikim d’En-Haut et accomplissait des actions pour le Tikoun de la Shekhina et la délivrance du peuple d’Israël... Un jour, un élève lui demanda après le Tikoun de Hoshana Rabba (où l’usage est de rester éveillé toute la nuit) : « Rabbenou est-il resté éveillé toute la nuit ? » Rabbenou lui répondit : « Je dois dormir un peu, mais uniquement afin de faire une Aliyat Neshama et de voir si tout va bien. C’est ainsi que j’ai l’habitude de faire chaque nuit, même la nuit de Chavouot : je dois aller voir si tout va bien, puis je me réveille et me consacre à l’étude de la Torah. »
     

Rectifier la colère

Un jour, Rabbenou parla à l’un de ses élèves de la gravité de la colère. Puis Rabbenou raconta : « Sache que parfois, il m’arrive de ressentir une trace de colère au cours de la journée. Alors, la nuit, lorsque je fais une Aliyat Neshama (élévation de l’âme), il y a des obstacles... L’Aliyat Neshama ne réussit pas autant [à s’élever]. C’est pourquoi je me lève au milieu de la nuit, je vais au mikvé et je m’immerge 151 fois (comme la guématria du mot “colère”), afin de rectifier la colère. Ensuite, lorsque je rentre chez moi, la Neshama (âme) s’élève sans aucun obstacle. »
     

Aliyat Neshama

Un Chabbat du mois d’Eloul, après la prière de Min’ha (de l’après-midi), alors que Rabbenou était accompagné jusqu’à son domicile, l’un des élèves lui demanda : « S’il vous plaît, dites-nous quelques paroles de Torah du Baal Chem Tov. » Mais Rabbi Chaïm répondit : « Pour moi, il n’y a aucune différence entre les Tsadikim, tous sont égaux dans le bien. Peu m’importe au nom de qui est cette Torah ; l’essentiel est qu’elle provienne d’un Tsadik. » Le Rav poursuivit : « Savez-vous à quel point les Tsadikim sont égaux pour moi ?... La nuit, lorsque je fais une Aliyat Neshama (c’est-à-dire que mon âme s’élève dans les mondes supérieurs), le gardien me demande : “Dans quel palais (Heikhal) souhaiterais-tu entrer ?” J’ai l’habitude de lui répondre : “Pour moi, il n’y a aucune différence entre les Tsadikim ; où que tu m’introduises, cela me convient.” Grâce à cela, tous les Tsadikim m’accordent la permission d’entrer, car, en raison de la force de l’unité que j’ai envers toutes les différentes catégories de personnes et envers toutes sortes de Tsadikim, tous sont disposés à me recevoir auprès d’eux... »

Cet élève poursuivit et demanda : « Rabbenou est-il déjà entré [dans son palais] ou a-t-il déjà entendu de la Torah de la bouche de Rabbi Nahman de Breslev ? » Rabbenou sourit et dit : « Rabbi Nahman a pris sur lui de s’investir dans la rectification des âmes ; il l’a promis et il est obligé de tenir [sa promesse]... Il est constamment occupé à rectifier les âmes et n’a pas le temps, là-haut, de dire des paroles de Torah... Il ne faut pas faire de telles promesses, par lesquelles on en subit les conséquences... »

Cependant, à une autre occasion, Rabbenou ajouta : « Lemaassé (en réalité), la chose dépend des périodes... Il y a des moments où Rabbi Nahman est uniquement occupé à rectifier les âmes, et d’autres moments où il dit beaucoup de paroles de Torah là-haut. Et la rectification principale des âmes se fait par la Torah, et tout le monde entend de la Torah de Rabbi Nahman. » (vol.1 pg.278)

Rabbi Chaïm Feder raconta que chaque après-midi de Chabbat, Rabbenou dormait un peu. Il atteignait alors de très hauts degrés spirituels, la Rouah Hakodesh et de grandes révélations venues du Ciel. Un Chabbat en particulier, lorsque Rabbi Feder vint le voir après la Seouda Chelichit (troisième repas), Rabbenou lui demanda : « Connais-tu un certain Rabbi hassidique qui habite à Anvers, en Belgique ? » Rabbi Feder cita plusieurs noms de grands Rebbéim qui s’y trouvaient. Lorsqu’il prononça le nom de « Yaakov de Peshawarsk », Rabbenou s’exclama : « Oui, oui, c’est le Tsadik dont je parlais ! Sais-tu ce qui lui arrive ? » Rabbi Feder répondit par la négative. Rabbenou dit alors : « Il me semble qu’il va décéder cette semaine... Car lorsque j’ai dormi l’après-midi et que je suis monté à la Yechiva céleste, j’ai remarqué qu’il n’y était pas, comme il l’est habituellement. »
En vérité, le dimanche soir, ce Tsadik décéda.
     

Prière à Hachem

Rabbenou avait l’habitude de préparer chaque matin du pain pour son frère qui travaillait avec lui à la laiterie. Un jour, après avoir terminé la prière du matin, il était occupé à accomplir une certaine Mitsva et arriva en retard à la laiterie, oubliant de préparer le petit-déjeuner de son frère.

Lorsque le moment vint pour son frère de prendre ses médicaments avec un repas, il demanda à Rabbenou où était son pain. Rabbenou lui répondit tristement : « J’étais très occupé aujourd’hui et j’ai oublié de préparer ton petit-déjeuner, pardonne-moi !! J’ai oublié. »

Le frère de Rabbenou ne fut pas apaisé et éleva quelque peu la voix en disant : « Mais je dois prendre mes médicaments avec un repas complet, que vais-je faire maintenant ?? »

Rabbenou fut très peiné. Il leva les mains vers le Ciel et dit : « Maître du monde, mon frère a faim et a besoin de nourriture ! » Avant même qu’il ait terminé ses paroles, un homme entra dans la laiterie avec un plateau dans les mains. Sur le plateau se trouvaient du poisson cuit et des petits pains. De la vapeur et une bonne odeur s’échappaient du poisson et des petits pains. L’homme posa le plateau sur la table et dit : « Voici votre petit-déjeuner ! » Puis il partit et disparut.
     

La Kameah

Rami Avodi raconta que, comme on le sait, Rabbenou n’aimait pas profiter gratuitement des autres et que quiconque lui rendait un petit service, il le lui rendait par un grand bienfait.

Une femme d’environ 55 ans aidait Rabbenou pour des examens médicaux et des questions de santé. Mais, à son grand regret, elle n’avait pas d’enfants. Rabbenou lui promit une Kameah (amulette) spéciale grâce à laquelle elle mériterait d’avoir un enfant.

J’étais présent dans son bureau lorsqu’il écrivit la Kameah ainsi que les prières particulières qui furent récitées sur elle. Elles avaient le pouvoir d’y insuffler une sainteté surnaturelle afin que les effets de la Kameah [puissent agir]... Je compris qu’il s’agissait de la Kameah que les saints anges avaient donnée à Sarah, notre matriarche, que la paix soit sur elle, grâce à laquelle elle mérita d’avoir un enfant à un âge avancé malgré sa stérilité. Rabbenou termina d’écrire la Kameah, la roula et l’enveloppa, puis fit de moi son messager pour la remettre à la femme au centre médical.

Je quittai son bureau et me dirigeai vers la Koupat Holim (centre médical) de la rue Bialik à Ramat Gan... La Kameah se trouvait dans la poche de mon pantalon. Au milieu du chemin, je commençai à ressentir une sainteté spirituelle que je n’avais jamais ressentie auparavant.

Je sentis que cette sainteté émanait de la Kameah qui se trouvait dans ma poche. La sainteté s’intensifiait de plus en plus au fil du temps. Un sentiment divin indescriptible me remplit de la tête aux pieds.

Alors que cela se produisait, je commençai à me demander : « Comment pourrais-je me séparer de cette sainte Kameah qui m’a élevé à des niveaux de sainteté si élevés, à des lumières supérieures qui remplissaient mon corps, insaisissables pour l’esprit ? »

Je me ressaisis, sachant que j’étais obligé d’accomplir ma mission. Je la remis à la femme avec les instructions que Rabbenou m’avait données. Lorsque j’eus terminé mes paroles, je lui racontai brièvement ce que j’avais ressenti en portant la Kameah dans ma poche : « Vous ne comprenez pas encore ce que le Tsadik vous a donné... Je suis certain que vous verrez des délivrances. »

Ce jour-là, dans l’après-midi, je me rendis à la synagogue pour prier la prière de Min’ha avec Rabbenou. Après la prière, je voyageai avec Rabbenou jusqu’à son domicile. Le Rav avait un large sourire sur le visage et me demanda : « Alors, Rami, comment était la Kameah ? »

Je lui rendis son sourire et répondis : « Rabbenou sait déjà tout... Je n’ai rien besoin de vous raconter ! J’ai ressenti des choses surnaturelles avec la Kameah et je me suis demandé si je devais m’enfuir avec elle. Mais à la dernière seconde, j’ai surmonté cela et j’ai accompli ma mission. » Rabbenou entendit ces paroles, rit et fut heureux.
     

Sans enfant pendant 11 ans

La fille de l’un des plus grands Rabbanim de notre génération, qui est un Mezakeh Harabim (qui apporte du mérite au public), ne mérita pas d’avoir d’enfants pendant 11 ans. Au fil des années, son père demanda des bénédictions à de nombreux Tsadikim et à de nombreux Guedolim (grands Rabbanim), puisqu’il avait des relations avec eux tous. Mais sa fille ne mérita toujours pas d’avoir d’enfant. Lorsqu’il entendit parler de Rabbenou, ils décidèrent de venir lui demander une bénédiction. À cette époque, Rabbenou ne se sentait pas bien et il était difficile de pouvoir le voir. Mais après avoir fait intervenir des relations par l’intermédiaire de proches, Rabbenou accepta de bénir la femme.

Lorsque le papier arriva devant Rabbenou, il le regarda et dit : « Cela fait déjà 11 ans qu’elle n’a pas eu d’enfant ? Maintenant, elle donnera naissance à des triplés ! »

En effet, un an plus tard, elle donna naissance à des triplés. Sa sœur, qui avait quatre fils, voulut que Rabbenou la bénisse afin qu’elle ait une fille. Rabbenou entendit sa demande et dit : « Vous voulez une fille ? Ce sera une fille ! » En effet, deux ans plus tard, elle donna naissance à une fille.
     

Couple incompatible

Un certain couple n’eut pas d’enfant pendant plus de vingt ans. Chaque fois que le mari demandait une bénédiction à Rabbenou, Rabbenou répondait : « Puissiez-vous mériter un cadeau gratuit du Ciel. » À l’une de ces occasions, Rabbenou expliqua à Rabbi Guedéon Rabiyov que l’âme-racine de l’homme provenait de tel et tel endroit, tandis que l’âme-racine de la femme provenait de tel et tel endroit. Ainsi, ils avaient besoin d’un cadeau gratuit du Ciel, car leur situation ne correspondait pas à l’ordre naturel. Finalement, ils méritèrent d’avoir un enfant.
     

Tenir sa promesse

Un Chabbat, lorsque Rabbenou quitta la synagogue après la prière de Min’ha, une femme lui donna le nom d’un membre de sa famille qui avait besoin d’une bénédiction pour avoir un enfant. Ce dernier n’avait qu’un seul enfant. Rabbenou entendit le nom alors qu’il marchait et dit aux personnes présentes : « Ce couple n’a pas eu d’enfant pendant de nombreuses années. Je leur avais promis un fils à condition qu’ils me promettent que je serais Sandak (celui qui tient le bébé lors de la circoncision). Mais ils n’ont pas tenu leur promesse. C’est pourquoi je ne les bénirai pas. »

Puis il ajouta : « Ce n’est pas sans raison que je demande à être Sandak. Ai-je besoin d’être Sandak ? Au contraire, il est tout à fait clair que, du Ciel, quelque chose empêche cet homme d’avoir des enfants, car l’âme qui naîtrait d’eux ne serait pas pas tellement bonne. Mais s’il y a un bon Sandak, il peut faire descendre une âme sainte dans le bébé, et alors il n’y a plus de raison de les empêcher d’avoir un enfant. » L’une des personnes présentes lui demanda : « Qu’est-ce qui fait que l’âme ne serait pas tellement bonne ? » Rabbenou répondit : « Soit parce qu’ils ne se préservent pas correctement dans la sainteté, soit pour d’autres raisons. »
     

Suis cet homme

Il y a de nombreuses années, un homme vint trouver le Tsadik caché Rabbi Moché Chaïm Mendel pour lui demander une bénédiction afin d’avoir un enfant. Immédiatement, le Tsadik bondit et dit : « As-tu vu cet homme à l’apparence simple qui vient de sortir d’ici ? Va lui demander une bénédiction, car lui seul peut te sauver ! » Il s’agissait de Rabbenou, qui venait de quitter la maison de Rabbi Mendel.

Rabbenou savait exactement quand chaque personne allait se marier. À de nombreuses reprises, il donnait une date, par exemple : « Il se mariera d’ici Pourim » ou « Il se mariera d’ici Pessa’h ». Et c’est ainsi que cela se produisait.
     

Tu l’as déjà rencontré

Un jour, une femme qui cherchait depuis longtemps à se marier vint chez Rabbi Chaïm. Mais Rabbi Chaïm lui dit qu’elle avait déjà rencontré l’homme qui lui était destiné à plusieurs reprises, mais qu’elle avait refusé le Chidoukh (proposition de mariage) à chaque fois, et qu’à présent, il n’y avait plus rien à faire... Mais la femme ne renonça pas et demanda à Rabbi Chaïm de l’aider. Il réfléchit quelques secondes et lui dit : « Dans quelques mois, à telle et telle date, tu voyageras à Haïfa en train et, avec l’aide de D.ieu, tu y trouveras ton Chidoukh. »

Lorsque le jour arriva, elle voyagea en direction de Haïfa et, au milieu du trajet, une femme l’aborda et lui proposa un Chidoukh. Il s’agissait d’un homme qui venait de divorcer de sa femme en raison de problèmes psychologiques... La jeune femme entendit le nom de l’homme et comprit qu’il s’agissait bien de l’homme qu’elle avait rencontré plusieurs fois et qu’elle avait refusé à chaque fois... Lorsqu’ils se rencontrèrent à nouveau et reçurent l’accord de Rabbenou, ils se marièrent.
     

As-tu parlé à la Shekhina ?

Son élève Rami P. raconta qu’un jour, pendant les jours de Chovavim, nous voyagions avec Rabbenou en voiture. Au milieu du trajet, un certain kabbaliste téléphona à Rabbenou et lui demanda si tout allait bien. Rabbenou lui demanda : « Votre Honneur a-t-il parlé aujourd’hui avec la Shekhina ? » Le kabbaliste répondit : « Nous avons fait un Tikoun Hayesod (prières kabbalistiques), etc. » Rabbenou lui répondit : « Non, ce n’est pas à cela que je faisais allusion. Je vous demandais si vous aviez parlé aujourd’hui à votre épouse ? » Il ne répondit pas. Immédiatement, Rabbenou lui dit : « Alors appelez-la maintenant et parlez-lui. La femme est le symbole (Semel) de la Shekhina ; lorsque vous parlez à votre épouse, vous parlez à la Shekhina. »
     

Je sais déjà

Un jour, un homme vint à la synagogue pour la prière de Min’ha et remit à Rabbenou un papier (sur lequel était inscrit un nom) afin qu’il le bénisse. Soudain, Rabbenou se mit à lui crier dessus : « Ici, c’est un Kollel d’Avrékhim, pourquoi viens-tu déranger ici ? S’il te plaît, sors d’ici ! » L’homme humilié partit, honteux et confus. Mais Rabbenou expliqua aux Avrékhim (élèves du Kollel), qui étaient stupéfaits de voir cela : « Sachez que le décret concernant cet homme était qu’il serait envoyé en prison. Par l’humiliation que je lui ai fait subir, j’ai adouci les jugements qui pesaient sur lui et écarté la menace de la prison. » Rabbi Shlomo Batzri raconta que, par la suite, ils se renseignèrent sur cet homme et découvrirent qu’en vérité, la police avait porté plainte contre lui pour une certaine affaire. Mais après qu’il fut venu chez Rabbenou, un miracle se produisit : le dossier contenant les preuves contre lui fut perdu. Ainsi, il fut sauvé d’une situation difficile. Lorsqu’il revint ensuite remercier Rabbenou pour cela et lui raconter le miracle qui lui était arrivé, Rabbenou lui dit : « Je sais tout ce qui t’est arrivé. »
     

Visite dans un rêve

Une certaine femme était enceinte. Mais les médecins lui dirent que le fœtus était en danger et qu’il ne vivrait pas longtemps. Dans sa détresse, elle se rendit chez Rabbenou à la fromagerie et lui raconta son problème. Rabbenou lui dit : « Du Ciel, vous aurez un autre fils. » Mais la femme ne quitta pas les lieux et le supplia de faire en sorte que ce fils vive... Après de nombreuses supplications, Rabbenou lui répondit : « Je suis prêt à vous promettre que votre fils naîtra en bonne santé et parfaitement constitué, à condition que vous preniez sur vous d’observer le Chabbat ! » La femme accepta sans hésiter et Rabbenou lui demanda : « Efforcez-vous également que votre mari observe le Chabbat. Car le Chabbat est la source des bénédictions ! »

La femme commença effectivement à observer le Chabbat, mais son mari se moquait de cela et n’approuvait pas ses actes. Plusieurs semaines passèrent et, un matin, le mari dit à sa femme : « Un certain homme portant une casquette sur la tête m’est apparu en rêve et m’a dit : “Veux-tu que ton fils vive ? Si oui, pourquoi n’écoutes-tu pas les paroles de ta femme et n’observes-tu pas le Chabbat ?” »

Lorsque sa femme entendit la description de l’homme portant la casquette, elle comprit qu’il s’agissait de Rabbi Chaïm Cohen. Elle lui montra immédiatement une photo de Rabbi Chaïm. Son mari confirma qu’il s’agissait bien de l’homme qui lui était apparu en rêve et voulut se rendre immédiatement chez Rabbi Chaïm. Lorsqu’il s’approcha de Rabbi Chaïm, avant même qu’il ait prononcé un mot, Rabbi Chaïm lui dit : « Alors, en vertu de ce rêve, allez-vous maintenant observer le Chabbat ? » Le mari accepta et Rabbenou leur promit que leur fils naîtrait en bonne santé et parfaitement constitué et qu’ils ne devaient plus se préoccuper des paroles des médecins. En effet, un fils naquit en parfaite santé et parfaitement constitué, sans aucune malformation, contrairement aux paroles des médecins et aux résultats des examens médicaux effectués tout au long de la grossesse.

Mais il y avait un problème. À l’une de ses mains, le bébé ne pouvait pas ouvrir les doigts. Ceux-ci étaient constamment refermés sur la paume. Après que la mère se fut remise de l’accouchement, ils vinrent chez Rabbi Chaïm avec le bébé pour le remercier de sa bénédiction. « Mais il y a encore un petit problème avec sa main », dit la mère avec inquiétude. Rabbenou leur sourit et dit : « Quel est le problème ? » Il prit la main du bébé dans sa main droite et introduisit son doigt entre les doigts du bébé et sa paume. Immédiatement, les doigts du bébé s’ouvrirent, et ce fut un véritable prodige.
     

Les nuages se déplacent

Rabbenou disait que celui qui se préserve correctement dans une grande sainteté voit alors des Havayot (Tétragrammes) briller sur ses doigts d’une manière merveilleuse, et que leur puissance est grande pour toutes choses et toutes situations. Un jour, après Chabbat, lorsque l’assemblée sortit de la synagogue pour réciter la prière de sanctification de la nouvelle lune, des nuages cachaient la nouvelle lune. Soudain, les personnes présentes virent Rabbenou murmurer quelques paroles et agiter ses mains en direction des nuages. Les nuages se retirèrent, laissant apparaître la lune. Immédiatement, tout le monde récita la prière de la nouvelle lune, puis Rabbenou agita de nouveau ses mains vers les cieux et les nuages revinrent couvrir la lune.
     

Une tumeur à la poitrine

Pendant ’Hol Hamoed, l’un des élèves de Rabbenou se rendit à la fabrique de fromage. Les médecins avaient découvert une tumeur près de sa poitrine et il était très inquiet. Lorsque l’élève arriva et raconta sa maladie à Rabbenou, celui-ci lui demanda : « Où se trouve la tumeur ? » Le jeune homme, qui portait un manteau, posa son doigt sur l’endroit où se trouvait la tumeur. Immédiatement, Rabbenou posa son doigt sur le manteau de l’homme tout en murmurant quelques paroles... L’homme ressentit une sensation de brûlure à l’endroit de la tumeur et se mit à crier : « Rabbi, cela me brûle ! Cela me brûle ! » Après quelques secondes, Rabbenou lui sourit et lui dit : « Tu n'as rien à craindre ! Il n’y a plus de tumeur... Ce n’est plus maintenant qu’un morceau de graisse et, avec l’aide de D.ieu, il disparaîtra ! ».
     

Enfant muet

Un soir à la sortie de Chabbat, un Juif hassidique arriva avec son fils de six ans à la synagogue et attendit Rabbenou devant le bureau de la synagogue. Lorsque Rabbenou sortit, le Juif hassidique lui dit : « Mon fils a six ans et ne peut toujours pas prononcer un seul mot ! » Rabbenou resta silencieux pendant quelques secondes en regardant l’enfant, puis posa sa main sur la bouche de l’enfant et fit un geste comme s’il ouvrait la serrure d’une porte. À cet instant même, l’enfant appela son père : « Abba ». Sous le coup de la grande émotion, le père et le fils se mirent tous deux à pleurer dans les bras l’un de l’autre.

     

Dis mon nom

Une certaine femme avait très peur des chiens. Un jour, un chien se mit à la poursuivre et, malgré tous ses efforts pour le repousser, le chien ne renonça pas et continua à la poursuivre jusqu’à ce qu’elle traverse la rue et qu’un camion se place entre elle et le chien. Elle rentra alors chez elle. Par la suite, elle téléphona à Rabbenou et lui raconta que le chien l’avait poursuivie... Rabbenou lui répondit qu’elle devait accomplir un certain Tikoun (rectification) pour sa mère... Puis il ajouta : « Chaque fois qu’un chien te poursuit, prononce mon nom (Chaïm Avichalom ben Blanca), et le chien te quittera. »
     

Le Chien qui Aboie

Une fois, Rabbénou marchait dans la rue, l'esprit concentré sur un certain sujet. Soudain, un énorme chien rottweiler se trouva face à lui et se mit à aboyer.. Immédiatement, le chien fit demi-tour et s'enfuit en trombe, s'éloignant de son maître de plusieurs rues. Le propriétaire du chien cria sur Rabbénou : "Qu'avez-vous fait à mon chien ?! Pourquoi s'enfuit-il comme ça !?" Rabbénou garda le silence et ne répondit rien.

Par la suite, il expliqua : "Il existe un saint nom sur lequel il faut se concentrer face à un chien qui aboie pour le faire fuir. Dans la confusion, comme j'étais concentré sur un sujet et que le chien a aboyé devant moi, j'ai prononcé par erreur le nom saint verbalement au lieu de le penser dans mon esprit. C'est pourquoi le chien s'est enfui si vite, à cause du saint nom qu'il a entendu".
     

L'Objet Perdu

Un homme avait perdu une antique Meguila dans sa maison. Après de nombreuses recherches infructueuses, il décida de demander à Rabbénou. Rabbénou lui répondit immédiatement : "Elle se trouve sur votre bibliothèque, derrière tel et tel livre".
     

Le Vêtement de Sac

L’un des fils de Rabbi Guedéon Rabiyov acheta un cilice en poils de chèvre lorsqu’il était jeune homme. Il l’utilisait lorsqu’il récitait la prière de minuit. Rabbi Guedéon organisa un Siyoum (cérémonie marquant l’achèvement d’un traité) auquel Rabbenou assista. On y parla des qualités du cilice. Rabbi Guedéon demanda à Rabbenou où il était possible d’acheter un véritable cilice en poils de chèvre. Rabbenou lui répondit : « Ton fils possède un cilice. Je vois sur lui la lumière du cilice. Demande-lui de t'en acheter un ».
     

Pourquoi pas de barbe

Une certaine famille de Jérusalem disait beaucoup de bien de Rabeinou lors du repas de Chabbat. Mais une chose les intriguait : « Pourquoi Rabeinou n’a-t-il pas de barbe comme les autres kabbalistes qui tiennent à se laisser pousser la barbe ? »

Le dimanche, le père de famille se rendit dans le centre d’Israël. En chemin, il s’arrêta à la laiterie pour acheter du fromage et recevoir une bénédiction de Rabeinou. Après avoir acheté le fromage, Rabeinou se tourna vers lui et lui dit : « Ce que votre famille a dit lors du repas de Chabbat au sujet de la raison pour laquelle je n’ai pas de barbe, sachez que j’ai la peau très sensible et que si je me laisse pousser la barbe, mon visage se couvre de plaies, et cela est dur pour moi. »
     

Vous voulez me poser telle ou telle question

Une certaine année, Rabeinou participa à la Seouda (repas festif) d’un étudiant qui avait achevé un traité du Talmud. De nombreux grands rabbins de différents courants étaient présents. De chaque côté de Rabeinou étaient assis deux importants Admorim (grands rabbins hassidiques) qui ne le connaissaient pas vraiment. Soudain, les deux Admorim commencèrent à parler en yiddish entre eux et à se demander quelle était la nature de Rabeinou, d’autant plus qu’ils le voyaient sans barbe, comme quelqu’un de très simple en apparence. Finalement, l’un des Admorim dit à l’autre qu’il allait réfléchir à une question profonde du Talmud et qu’ils verraient s’il était capable d’y répondre.

Rabeinou le ressentit et se tourna soudain vers cet Admor en lui disant : « Vous voulez me poser telle ou telle question. La réponse est ainsi et ainsi. » Puis il se tourna de l’autre côté et dit au second Admor : « Votre Honneur aussi a-t-il des questions auxquelles je pourrais lui répondre ? » Les deux Admorim furent complètement stupéfaits. Rabeinou leur expliqua alors qu’il ne pouvait pas se laisser pousser la barbe, car cela lui provoquait des plaies sur le visage, et qu’il n’était pas nécessaire de rabaisser quelqu’un qui ne se laisse pas pousser la barbe.
     

Je n’ai pas de temps

De nombreuses personnes venaient auprès de Rabeinou pour le mettre à l’épreuve, afin de voir s’il était réellement un tsaddik ou non. En effet, il s’habillait de manière particulièrement simple et n’avait pas de barbe. En général, Rabeinou ne consacrait pas de temps à de telles personnes. Il leur disait brièvement : « Vous êtes venu pour me mettre à l’épreuve, je n’ai pas de temps libre. » Un jour, un homme de ce genre vint le voir et Rabeinou le réprimanda : « Vous êtes venu pour me mettre à l’épreuve ? Je ne vais pas gaspiller mon temps pour cela ! » L’homme se sentit mal et accepta la réprimande. Il regretta immédiatement son acte et prit sur lui de devenir un élève de Rabeinou. Fait étonnant, Rabeinou le ressentit immédiatement et commença à lui parler en fonction de ses besoins, lui donnant des conseils et des directives dans son service de D.ieu.
     

J’ai entendu de bonnes choses à son sujet

Le fils d’un important Roch Yechiva (chef d'une yeshiva) du courant lituanien (ashkénaze) fut découvert comme étant atteint d’une tumeur cancéreuse. Les médecins conseillèrent une intervention chirurgicale afin de retirer la tumeur. Le Roch Yechiva chercha à demander conseil à l’un des plus grands rabbins de la génération. Il réussit à obtenir une audience auprès de Rabbi Yossef Chalom Elyachiv, le posseq (autorité halakhique) de la génération. Le jour venu, il se rendit auprès de Rabbi Elyachiv à Jérusalem avec un ami. En chemin, son ami lui proposa de demander conseil au fromager au sujet de l’opération, affirmant qu’il connaissait des choses par roua’h hakodech, même dans le domaine médical. Mais le Roch Yechiva n’était pas heureux d’entendre parler de ce genre de rabbins et resta attaché à sa décision : « Demandons à Rabbi Elyachiv et nous ferons ce qu’il dira. »

Lorsque les deux hommes entrèrent auprès de Rabbi Elyachiv, le Roch Yechiva exposa les détails de la maladie au gadol hador et demanda : « Devons-nous faire l’opération ? » Après une longue réflexion, Rabbi Elyachiv dit qu’il ne savait pas comment trancher cette question.

Lorsque le Roch Yechiva vit qu’il restait sans réponse à sa question, il décida de demander à Rabbi Elyachiv au sujet du Chalban (le fromager) de Givatayim et s’il valait la peine de solliciter son conseil. Rabbi Elyachiv répondit par l’affirmative : « J’ai entendu beaucoup de bonnes choses à son sujet. Il vaut la peine (kédaï) que vous vous rendiez auprès du Chalban et que vous lui demandiez conseil, et faites tout ce qu’il vous dira ! » trancha Rav Elyachiv.

L’ami du Roch Yechiva téléphona immédiatement à Rabeinou pour savoir quand il serait possible de venir recevoir sa bénédiction. Rabeinou lui dit de venir tôt le matin pour la prière et qu’ensuite il résoudrait son problème.

Le lendemain matin, lorsque le Roch Yechiva se présenta devant Rabeinou, avant même qu’il n’ouvre la bouche, Rabeinou lui dit : « Votre fils doit subir l’opération de telle et telle manière, et avec l’aide de D.ieu, elle réussira. » Puis Rabeinou ajouta : « Et également votre fille, qui attend depuis longtemps un chidoukh, avec l’aide de D.ieu, elle se mariera dans les six prochains mois et vous n’avez rien à craindre ! »

Le Roch Yechiva resta sous le choc en entendant les réponses qu’il reçut avant même d’avoir exposé ses problèmes. Il suivit les instructions de Rabeinou, et l’opération fut une réussite. Sa fille se maria également dans les six mois.
     

Sortez

Un certain Juif vint à la laiterie pour recevoir une bénédiction de Rabeinou. Mais Rabeinou lui cria dessus avec force et lui ordonna de partir. Même après que l’homme eut quitté la laiterie, Rabeinou continua à marcher derrière lui et à lui crier dessus jusqu’à ce qu’il atteigne la rue principale. Cet homme était perplexe et ne comprenait pas pourquoi il avait reçu tant de reproches. De là, il arriva à sa voiture et repartit. Plus tard, alors qu’il roulait sur la route, il entra dans un tunnel et un énorme camion le percuta. Sa voiture fut complètement détruite, mais lui-même s’en sortit sans la moindre égratignure. L’homme comprit alors qu’à travers ses cris, Rabeinou avait « adouci » les jugements rigoureux qui pesaient sur lui. Le lendemain, il revint à la laiterie pour remercier Rabeinou du grand miracle qui s’était produit grâce à son mérite.
     

Complètement pur

Peu de temps après le décès de Rabeinou, un homme d’affaires qui avait besoin d’une délivrance de ses difficultés demanda conseil à plusieurs grands rabbins, mais tous lui répondirent qu’ils ne pouvaient pas l’aider. Il se rendit auprès de Rabbi Gideon Rabiyov et lui exposa ses difficultés, puis tous deux allèrent chez le tsaddik Rabbi Eliezer David Stern. Lorsque Rabbi Stern entendit ses paroles, il répondit : « Il m’est difficile de vous aider. Je n’ai pas les larges épaules de Rabbi Chaïm, le Chalban... Il avait de grandes forces et était capable d’assumer la responsabilité de toute chose. Je suis incapable d’assumer la responsabilité dans cette affaire difficile. » Rabbi Stern disait souvent au sujet du Chalban, même de son vivant : « C’est un Juif saint, complètement pur de tout péché, un Juif unique qu’il est impossible de décrire. »
     

Diverses Ségoulot

Quelques ségoulot (remèdes spirituels particuliers) tirées du livre Osri Lagefen, écrit par Rabbi Yehuda Sheinfeld, dans la section « Shaaylot V'Teshuvot, Mili DeChassidouta », qui rapporte les réponses qu’il reçut de Rabeinou sur diverses questions :

1. Ségoula pour être très vigilant : réciter chaque jour la deuxième section du Psaume 119, sept fois pendant quarante jours consécutifs. C’est également une ségoula pour que les autres ne le haïssent pas. S’il oublie un jour, il doit recommencer depuis le début. Pour celui qui termine les Téhilim chaque jour, lorsqu’il arrive à la deuxième section du Psaume 119, qu’il la récite sept fois, et cela comptera pour les deux.

2. Dans le Seder Maamadot du Chok LeYisrael, qui est divisé selon les sept jours de la semaine, la lecture de la paracha Haazinou qui s’y trouve est une ségoula pour acquérir la sagesse. Le traité Tamid a également une grande importance à cet égard. Avant chaque étude de Torah, il faut réciter le Leshem Yihoud imprimé dans le Chok LeYisrael, et grâce à cela, l’étude sera considérée comme de la Torah lishmah.

3. Étudier un souguia (sujet talmudique) en profondeur, en clarifiant toutes les opinions des Richonim (les autorités rabbiniques anciennes) jusqu’à la halakha finale : cela attire la sainteté sur une personne comme si elle s’immergeait dans une source. Et les hidouchei Torah du Zohar et des chambres intérieures de la Torah attirent sur une personne une lumière merveilleuse.

4. Pour celui qui a de mauvaises pensées, il existe une ségoula transmise par Eliyahou Hanavi : réciter sept fois le verset « Esh Tamid Toukad Al Hamizbéa’h Lo Tikhbé » (Vayikra/Lév. 6:6). L’intention est ici d’allumer le feu intérieur de la sainteté afin de brûler les mauvaises pensées et d’attiser le feu sacré. Une autre ségoula consiste à penser à de bonnes choses, ce qui éliminera indirectement les mauvaises pensées. Une autre encore est rapportée par nos Sages : « J’ai créé le mauvais penchant et J’ai créé la Torah comme son antidote » (Kiddouchin 30b) — afin de sortir de la tristesse et des autres maux de la néfech (âme).

5. À Pessa’h également, les Ouchpizin viennent au repas que l’on prépare en l’honneur de la fête. Mais chaque jour, un seul d’entre eux vient, tandis qu’à Souccot, ils viennent tous ensemble chaque soir. Le septième jour de Pessa’h est un temps propice (mesougal) pour toutes les choses dont nos Sages ont dit qu’elles sont « aussi difficile que l'ouverture de la mer Rouge », telles que la parnassa (subsistance), le conjoint, etc., et également pour annuler tous les mauvais décrets qui pèsent sur le peuple juif.

6. Pendant les Jours redoutables, lorsque le hazan (officiant) dit dans la Kedoucha de Keter « Ayeh Mekôm Kevodo », chaque personne peut demander intérieurement l’une de trois choses : la parnassa, des fils tsaddikim, ou la roua’h hakodech. On peut les répartir et en demander une le premier jour de Roch Hachana, la suivante le deuxième jour de Roch Hachana, et la troisième à Yom Kippour. On peut également les répartir avec son épouse : l’un demande l’une d’entre elles et l’autre la seconde. Celui qui a besoin d’un chidoukh peut demander des fils, et cela inclut également un chidoukh.

     

Après son décès

Son élève, Rabbi Yinon Y., raconta que Rabeinou lui avait conseillé de devenir scribe (pour écrire des mezouzot, des téfilines et des Sifrei Torah), c’est-à-dire d’étudier la Torah le matin et de travailler comme scribe en fin d’après-midi et le soir. Mais Rabeinou lui avait dit : « Être sofer stam (scribe) n’est pas un jeu ; il faut de la sainteté et de la pureté. Écris uniquement dans la sainteté et la pureté ! »

Après le décès de Rabeinou, un certain élève qui comptait parmi ses plus proches disciples fit don de l’argent nécessaire à l’écriture d’un Sefer Torah en mémoire de Rabeinou.

Habituellement, après que le scribe a écrit le Sefer Torah, il envoie les parchemins à un correcteur pour qu’ils soient vérifiés et corrigés, puis ils font l’objet d’une vérification supplémentaire par ordinateur. Il raconta :

Normalement, aucune vérification supplémentaire n’est nécessaire. Après la première vérification par ordinateur, j’ai corrigé toutes les erreurs détectées par l’ordinateur et, cette nuit-là, j’ai rêvé que Rabeinou venait me voir et me disait : « Vérifie le parchemin numéro 51. » Le matin, j’ai décidé de vérifier moi-même le parchemin et de ne pas me fier à l’ordinateur. Effectivement, j’y ai trouvé une erreur que l’ordinateur n’avait pas détectée.

Par la suite, j’ai envoyé le Sefer Torah à quelqu’un pour une vérification humaine. Nous avions convenu qu’il me rendrait le Sefer Torah dans un délai de deux semaines à compter de ce jour et que je le paierais immédiatement. Malheureusement, pendant deux mois, cet homme disparut et ne répondait pas à son téléphone. Au bout de deux mois, il me répondit en disant : « Je suis en vacances et je reviendrai dans deux jours. » Deux jours plus tard, il m’appela et promit de faire le travail dans un délai de deux semaines.

Entre-temps, Rabeinou vint me voir en rêve et me demanda : « Qu’en est-il du Sefer Torah ? » Je me réveillai le matin et compris que Rabeinou était au courant de tout ce qui se passait avec le Sefer Torah qui était écrit à la mémoire de son âme (leïlouï nichmato). J’appelai le correcteur et lui dis : « Écoute, mon ami, ce Sefer Torah est écrit à la mémoire du Chalban. Sache que tu as affaire à lui, et non à moi. » Le correcteur prit cela très au sérieux et se mit à travailler avec beaucoup de sérieux pour corriger les erreurs. Finalement, il me rendit le Sefer Torah.

Alors que le livre était encore chez lui, j’ai commencé à souffrir d’un problème cutané. Je ressentais une forte sensation de brûlure sur la peau. J’étais presque incapable de porter un maillot de corps en raison des nombreuses croûtes qui me brûlaient la peau. Un jour, je me suis dit : « Il semble que Rabeinou souffre à cause du fait que l’écriture du Sefer Torah n’avance pas. » Je me suis levé, j’ai allumé une bougie en son honneur et lui ai demandé pardon : « Je suis désolé pour les retards concernant le Sefer Torah. Ce n’est pas ma faute ! Mais je promets de faire tout mon possible pour faire avancer les choses aussi rapidement que possible ! » Miraculeusement, à cet instant même, littéralement, toute la sensation douloureuse sur ma peau disparut et les croûtes commencèrent à sécher. Je suis allé me coucher.

Rabeinou vint me voir en rêve et me dit : « Ma’houl lekha, ma’houl lekha (tu es pardonné, tu es pardonné), mais à partir de maintenant, fais avancer les choses. Car tu as été payé telle et telle somme pour accomplir ce travail. » Il précisa exactement la somme que j’avais reçue.

Je me réveillai le matin et décidai de prendre cette affaire plus au sérieux. Pendant toute une semaine, je ne suis pas allé au kollel et j’ai vérifié moi-même l’intégralité du Sefer Torah.

Lorsque j’arrivai à la paracha Pin’has, au verset : « Je lui donne Mon alliance de paix », je remarquai que la lettre « Vav » n’était pas séparée comme elle devait l’être.

Apparemment, le correcteur l’avait remplie par erreur au lieu de la laisser séparée. Je corrigeai l’erreur, mais ensuite Rabeinou vint de nouveau me voir en rêve et me dit : « Vérifie ce que tu as fait ce matin ! »

Je me réveillai troublé. « Cinq heures de travail à refaire depuis le début ? » Au milieu de la vérification, je me souvins soudain du « Vav » séparé. Je vérifiai immédiatement le verset et vis une nouvelle fois que l’encre sur le « Vav » s’était étalée et qu’il était entier au lieu d’être séparé. Je corrigeai immédiatement l’erreur.

Ainsi, j’en vins à constater comment Rabeinou se tient et observe d’En Haut tout ce qui est accompli ici-bas, et particulièrement lorsqu’il s’agit d’un Sefer Torah écrit à sa mémoire. Le Sefer Torah fut amené à la synagogue « Talelei Chaïm » à Petah Tikva, qu’il avait fondée et qui avait été appelé en son nom..
     

Paroles de sa fille

La fille de Rabeinou, Levanah, raconta (après son décès) : « Mon père m'a parlé un jour après avoir quitté son corps pur et s'être élevé là-haut. C’était au moment où les gens venaient présenter leurs condoléances. Mon père m’a dit : “J'ai été sauvé du ‘hibout hakéver et je me trouve maintenant dans le Heikhal (la chambre) d’Eliyahou Hanavi, zakhour latov.” De tous ceux qui sont venus me consoler, mon père fut le seul à réellement me consoler. Et dès l’instant où il m’adressa ces paroles, je ressentis de la joie et ne ressentis plus la perte physique. Car il avait répondu à ce que mon cœur ressentait et m’avait apaisée. Je sais qu’il existe d’une manière différente de celle à laquelle nous étions habitués, mais il existe et il est parmi nous... Père était un être humain, une personne. Nous ne l’avons jamais considéré comme un ange ou un être saint, mais plutôt comme un père, un être humain. Il était très proche des treize attributs [de miséricorde]. Il savait toujours comment faire le lien entre les gens, apporter la paix et la satisfaction à toutes les parties, consoler, donner de bons conseils et, par-dessus tout, sa plus grande vertu était de pardonner.. »
     

Le plus grand kabbaliste, le plus grand voyant

Son élève Menachem Mekover déclara dans un hesped : « Nous avons vu de nombreux miracles accomplis avec simplicité et comme en passant. Il était extraordinaire de voir comment des Admorim (grands rabbins hassidiques), des kabbalistes et, d’un autre côté, même des politiciens et des hommes d’affaires venaient tôt le matin à sa porte. Ils le considéraient comme le gadol hamékoubalim (le plus grand des kabbalistes) et le gadol haroïm (le plus grand des voyants)... La joie qui illuminait son visage était extraordinaire à voir. Et cela même dans les situations les plus difficiles. Il insistait sur l’importance de la joie, qui témoigne de l’émouna (foi) d’une personne.

Son pouvoir de voir les choses cachées était stupéfiant. Comme on le sait, beaucoup furent sauvés grâce à ses conseils, des hommes d’affaires, des guedolei hador (grands sages de la génération)... et tout cela avec humilité et simplicité : “Qui suis-je, que suis-je ?” »
     

Voir les choses

Rabeinou révéla un jour à l’un de ses élèves que son père était venu à lui pour lui reprocher de ne pas se consacrer suffisamment aux tikounim des nefachot (la rectification des âmes). Il était donc obligé de recevoir des personnes, même si cela lui était difficile.
Il ajouta qu’il ne révélait cela qu’à cet élève et à personne d’autre.

Un certain Admor rendit un jour visite à Rabeinou et lui raconta qu’il avait mérité une révélation d’Eliyahou Hanavi. Il donna même à Rabeinou des signes particuliers permettant de l’identifier. Mais cet Admor n’avait pas mérité de voir les lettres hébraïques qui apparaissent sur le front d’une personne. Rabeinou lui dit que celui qui possède la chemirat habrit bechléimout (la préservation parfaite de l’alliance) méritera de voir cela. Faisant allusion à lui-même, il évoqua certaines épreuves difficiles qu’il avait traversées. Néanmoins, il dit que tout homme peut mériter d’atteindre tous les niveaux, même ceux du saint Ari zal, grâce à la préservation du Brit et à la Torah.

L’un de ses élèves raconta que Rabeinou lui avait dit qu’il allumait une bougie le vendredi avant Chabbat et qu’elle restait allumée jusqu’au milieu de la semaine. Mais chez Rabbi Patilon, une telle bougie restait allumée d’un Chabbat jusqu’au suivant, jusqu’à peu avant le coucher du soleil du vendredi suivant.
     

Évite cet homme

Un jour, Rabbi Aharon Haelin marchait dans la rue Shavzi et aperçut soudain Rabbi Yehudah Patilon qui l’appelait à haute voix pour lui faire traverser la rue afin de le rejoindre. « Rabbi Aharon, éloignez-vous rapidement du trottoir et venez de l’autre côté ! Je vous expliquerai bientôt pourquoi ! »

Rabbi Aharon fit rapidement ce que lui avait demandé le tsaddik et, lorsqu’il atteignit l’autre côté de la rue, Rabbi Yehudah lui dit : « Sachez que l’homme qui était sur le point de passer près de vous vient de la mer. Là-bas, il a commis de graves péchés et de nombreux mach’hitim (esprits mauvais) l’entouraient de toutes parts. Il était littéralement entouré de nombreux anges destructeurs (mal’akhei ’habala). Alors, comment pouvez-vous passer à proximité d’une personne aussi impure et répugnante ? » (p. 47)
     

La lumière du Talmud

Son élève, Rabbi Eliyahou, raconta : « Un jour, j’avais pris rendez-vous avec Rabeinou pour me rendre à la laiterie afin de lui demander conseil au sujet d’une certaine question. Mais lorsque je suis entré dans son bureau et que je me suis présenté devant lui, il a commencé à faire pleuvoir sur moi des paroles sévères :

“Pourquoi n’étudies-tu pas la Guemara (le Talmud) ? Je ne vois pas sur toi la lumière de la Guemara !” dit Rabeinou avec tristesse. J’ai été bouleversé d’entendre ses paroles. J’ai essayé de me défendre et lui ai dit : “Mais Rabeinou m’a dit de me consacrer assidûment à l’étude de la halakha, et je passe mes journées dans un kollel de halakha, à étudier le Beit Yossef, le Choul’han Aroukh et leurs commentateurs, etc.” Mais Rabeinou m’interrompit et dit : “Mais il faut aussi étudier la Guemara. Comment est-il possible qu’une journée entière s’écoule sans étudier la Guemara ?” Puis il poursuivit : “Promets-moi qu’à partir d’aujourd’hui, tu n’iras pas dormir le soir sans avoir étudié la Guemara. Même s’il est deux heures du matin et que tu n’as toujours pas étudié la Guemara, ne va pas te coucher sans t’asseoir et en étudier un peu.”

Rabeinou dit avec un visage rayonnant et des paroles douces : « La lumière de la Guemara doit rayonner sur le front, et tu ne peux pas aller dormir sans cette lumière sainte. » Le fidèle élève comprit parfaitement, à l’expression du visage de Rabeinou, l’immense importance qu’il accordait à l’étude de la Guemara (Talmud). Il prit immédiatement sur lui cette résolution. Ce n’est qu’ensuite que Rabeinou se tourna vers lui avec un sourire et lui donna les conseils et les bénédictions pour lesquels il était venu.
     

La lumière de la Torah

Rabeinou accordait une très grande importance à l’étude de la halakha avec le Beit Yossef. Il disait que Maran, le Beit Yossef, avait inclus toute la Torah dans son commentaire, et que quiconque se consacre avec ardeur à l’étude de sa Torah mérite d’illuminer son âme de la lumière de la Torah dans toute sa puissance.

En plus de l’étude de la Torah, à laquelle Rabeinou était très pointilleux (en l'exigeant de ses élèves), il veillait aussi à ce que l'étude soit continue (b'retzef), sans interruptions. Il disait :

« La lumière d’En Haut de l’étude de la Torah ne brille pas sur un homme lorsqu’il s’interrompt sans cesse pour s’occuper d’autres choses. Ce n’est que lorsqu’un homme étudie de manière continue que la lumière de D.ieu se déverse sur lui et illumine les chambres de son âme, jusqu’à ce que la Torah devienne son acquisition (kinyano) et une partie de lui-même. Seule une telle Torah peut sauver l’homme du yetser hara (mauvais penchant), le guider sur le chemin de D.ieu et attirer sur lui tous les bienfaits et toutes les bénédictions que D.ieu accorde à ceux qui étudient la Torah et accomplissent les mitsvot. »

Il réprimandait certaines personnes en leur disant qu’il ne voyait pas sur elles la lumière de la Torah, car elles interrompaient constamment leur étude pour parler de choses futiles, manger, boire, etc., et qu’elles n’étudiaient donc pas de manière continue. En effet, dès que la lumière de la Torah commençait à briller quelque peu, elles interrompaient déjà leur étude en plein milieu...

En revanche, lorsque des personnes qui travaillaient la majeure partie de la journée venaient le voir, il leur demandait, selon leurs possibilités, de s’efforcer au moins de participer chaque jour à un cours de Daf Yomi, ainsi que d’étudier la halakha, afin de connaître les lois du Chabbat, des bénédictions, de la prière et autres lois pratiques. Lorsque ses élèves faisaient un siyoum massékhet (achevaient un traité), il se joignait à leur joie et se réjouissait grandement avec eux, comme s’il avait lui-même achevé le traité. Ainsi, il les encourageait à poursuivre avec d’autres traités, l’un après l’autre, et à ne jamais abandonner la Torah, même un seul jour. Car le lien le plus puissant qu’un homme puisse avoir avec D.ieu passe uniquement et exclusivement par la sainte Torah.

Certaines années, il disait : « Celui qui ne se consacre pas pendant une ou deux heures par jour à la Torah n’est pas mon élève. » Ainsi, il exhortait les élèves à fixer chaque jour des moments consacrés à l’étude de la Torah, et il vérifiait ensuite qu’ils respectaient leurs engagements de s’adonner à l’étude de la Torah chaque jour.

     

Visite d'un démon

Le fils de Naïm Gabay raconta : il y avait un certain Juif qui venait chaque jour au cours de Daf Yomi à la synagogue. Un jour, nous étudiions le traité Berakhot, dans le passage consacré aux démons, et après le cours, ce Juif vint trouver mon père et lui raconta que depuis quelque temps, chaque nuit, une certaine silhouette sombre lui apparaissait et voulait lui faire du mal. Il tremblait de peur et ne savait pas quoi faire. Mon père entendit ses paroles et lui dit : « Demain, Rabbi Chaïm Cohen vient ici pour le tikoun des Chovavim (prières spéciales). Après le tikoun, nous pourrons lui demander ce qu'il faut faire. »

Le lendemain, après le tikoun des Chovavim que Rabbi Chaïm avait organisé avec une grande ferveur pour susciter la téchouva, mon père s'approcha de lui et lui parla de cet homme [qui voyait un démon]. Rabbénou lui dit : « Va voir Rabbi Yaakov Itzlan et demande-lui de faire un tikoun, et tout s'arrangera. » Il alla trouver Rabbi Yaakov Itzlan, et Rabbi Yaakov se rendait chaque semaine au domicile de cet homme. Il récitait toutes sortes de versets et accomplissait des yihoudim (unifications de Noms saints). Il fit ainsi pendant trois mois consécutifs. Mais la situation continua comme auparavant chaque nuit. Le mazik (démon) apparaissait chaque nuit et le menaçait de lui faire du mal.

L'homme retourna voir Rabbénou et lui dit que rien ne s'était amélioré. Mais Rabbénou continua : « Dis à Rabbi Itzlan de continuer à venir chez toi. » Ainsi, quelques mois supplémentaires passèrent et, lorsque l'homme vit que rien ne s'était amélioré, il retourna voir Rabbi Gabay et lui dit que rien n'avait changé. Rabbi Gabay lui proposa que le lendemain, après la prière du matin, ils iraient tous les deux à la fromagerie demander à Rabbénou ce qu'il fallait faire.

Le lendemain, dès que Rabbi Gabay entra dans la fromagerie et dit à Rabbénou que le mazik venait toujours chaque nuit chez cet homme, Rabbénou écouta attentivement ses paroles. Il plissa le front pendant quelques secondes, puis dit : « C'est fini, j'ai annulé le mazik. Il ne t'apparaîtra plus pour t'effrayer. » En effet, à partir de cette nuit-là, le mazik ne revint plus dans la maison de cet homme.

Une histoire similaire arriva à un Juif d'Angleterre. Il avait de nombreux problèmes, accidents, souffrances, etc., qui s'abattaient sur lui les uns après les autres. Son ami, qui se trouvait ici en Israël et connaissait bien Rabbénou, amena cet homme devant Rabbénou pour recevoir une bénédiction. L'homme entra dans le bureau de Rabbénou et lui raconta ses problèmes. Il révéla alors ce qu'il ressentait : « Je pense qu'il y a une sorte de mazik (démon) qui me suit partout et qui provoque tous ces problèmes. » Rabbénou l'interrompit et confirma : « Oui, tu as raison. » Mais Rabbénou ajouta : « Je viens d'annuler le mazik qui était attaché à toi. Désormais, tu verras que tu n'auras plus de tels problèmes. » En effet, à partir de ce jour, l'homme commença à vivre beaucoup mieux, sans être frappé par des problèmes incessants.
 

     

Qui est-ce ?

L'un des élèves de Rabbénou, R. Moché L., raconta : pendant de nombreuses années, de manière régulière, chaque fois que j'appelais Rabbénou au téléphone pour lui demander conseil ou solliciter une bénédiction, Rabbénou m'identifiait avant même que je lui dise qui j'étais. « Oui, Moyshele », répondait-il immédiatement en décrochant le téléphone. Mais cela ne se produisait que lorsque je commençais par méditer et éprouver des regrets pour mes fautes. En revanche, si j'appelais Rabbénou sous l'effet de la pression, sans prendre les choses à cœur et sans faire téchouva sur ma situation, Rabbénou répondait au téléphone en disant : « Qui est-ce ? » Cela constituait pour moi une grande merveille.

(note : dans cet enregistrement, on peut entendre Rabbénou identifier, par roua'h hakodech, une personne qui l'appelle)
     

Un homme riche du Venezuela

Un jour, un homme riche du Venezuela vint voir Rabbénou. Cet homme était habitué à être grandement honoré en raison de sa richesse. Il s'attendait à ce que Rabbénou l'accueille lui aussi avec un grand sourire et beaucoup d'honneur. Mais lorsqu'il arriva chez Rabbénou, celui-ci refusa de le recevoir dans la fromagerie. Tous les efforts et les titres honorifiques par lesquels on présentait cet homme ne convainquirent pas Rabbénou. Ce n'est qu'après un certain temps que Rabbénou accepta de lui permettre d'entrer dans son bureau. Et ce fut à condition qu'aucun homme n'entre avec lui. Seul l'homme riche devait entrer dans la pièce de Rabbénou.

Lorsque l'homme riche entra, Rabbénou commença à lui expliquer en détail son niveau spirituel. L'homme fut humilié et déconcerté. Tout son statut élevé se transforma en une immense honte. Ainsi, pendant dix minutes, l'homme resta assis devant Rabbénou, les yeux remplis de larmes et de regrets de téchouva (repentir). Lorsque Rabbénou eut terminé ses paroles, il le bénit et le fit sortir.

L'homme riche sortit de la chambre de Rabbénou sous le choc, les yeux gonflés de larmes et des sentiments de techouva dans le cœur. Immédiatement, Rabbénou sortit à sa suite avec une assiette de gâteaux et l'honora. À partir de ce jour, l'homme riche commença à faire techouva, à mettre les téfilines et à respecter le Chabbat, jusqu'à devenir complètement religieux.
     

Sors d'ici

Rabbénou était très makpid (intransigeant) en matière de sainteté. Lorsqu'une personne était atteinte dans ce domaine, il la fuyait. À de nombreuses reprises, il réprimanda ceux qui venaient le voir lorsqu'il constatait qu'ils étaient affligés par cette faute (l'émission de semence en vain). Il les réprimandait immédiatement afin qu'ils rectifient leurs actes. Ses paroles produisaient un effet. Car si Rabbénou pouvait voir ce qu'ils faisaient dans leurs chambres les plus intimes, ils en déduisaient à plus forte raison que l'Œil d'En-Haut voyait tout ce qu'ils faisaient. Ainsi, ils s'abstenaient de pécher.

Un vendredi, un certain Juif vint dans l'après-midi pour prier Min'ha avec Rabbénou. Dès son arrivée, Rabbénou se tourna vers lui en criant : « Comment peux-tu venir ici avec des monceaux de semence gaspillée ? Sors d'ici !! » Tous les présents tremblèrent de peur et cet homme s'enfuit, profondément effrayé.

Le dimanche, l'homme revint pour prier Min'ha avec Rabbénou. Il s'assit au fond de la synagogue, un livre de Téhilim entre les mains, et semblait très effrayé. Après la prière, Rabbénou s'approcha de lui et lui dit : « Je vois que tu as fait téchouva pendant le saint Chabbat. Maintenant, je peux te parler ! Que veux-tu ? »

Rabbénou le bénit alors de grandes bénédictions et ajouta : « Viens participer à la prière de tikoun des fautes organisée par la synagogue [à telle date]. »
     

Je t'examinerai

Un certain érudit en Torah, qui avait ouvert une yéchiva pour garçons à Jérusalem, eut alors l'idée d'ouvrir un séminaire pour jeunes filles. Il vint demander conseil à Rabbénou à ce sujet. Rabbénou lui demanda : « Un séminaire (une école) pour jeunes filles ? Comment est-il possible de se préserver des regards interdits ? » L'érudit en Torah répondit : « Avec l'aide de D.ieu, et bli neder, tout sera géré uniquement par des enseignantes et des directrices. » Mais Rabbénou ne fut pas entièrement apaisé par sa réponse et dit : « Je t'examinerai même sur tes pensées (hirhourim) ! » L'homme renonça à ouvrir le séminaire.
     

Toujours pas de chidoukh

Un jour, une longue liste de noms d'hommes qui n'avaient toujours pas trouvé leur conjoint fut présentée à Rabbénou. On demanda à Rabbénou pourquoi ces hommes n'avaient toujours pas trouvé leur conjoint. Rabbénou répondit : « Tous ont besoin de letaken hayessod (rectifier le yessod), et par cela ils mériteront de trouver leur conjoint. » Puis Rabbénou commença à préciser dans l'ordre : « Ce jeune homme se mariera dans deux ans, celui-ci dans un an, celui-ci dans huit ans, etc. »
     

Pourquoi le Rav ne me reçoit-il pas ?

Un jour, alors que Rabbénou était sandak lors d'une brit, une grande foule se trouvait autour de Rabbénou. Un certain jeune homme était présent, mais Rabbénou refusa de le recevoir pour lui donner une bénédiction. Le jeune homme commença à crier très fort : « Pourquoi le Rav ne me reçoit-il pas ? Pourquoi ne me laisse-t-on pas m'approcher ? » Soudain, Rabbénou apparut derrière lui, lui saisit l'oreille et lui murmura à l'oreille quelle faute il avait commise et pour laquelle il refusait de le recevoir. À cet instant, il devint tout pâle de terreur et ferma la bouche dans un silence complet.
     

Au nom d'Eliyahou Hanavi

Rabbénou disait : « Un homme qui désire se rapprocher de D.ieu, béni soit-Il, doit faire un 'hechbon hanefech (bilan spirituel) et prier chaque jour pendant au moins une demi-heure, de tout son cœur, afin de mériter d'être préservé de tout péguam habrit et des regards interdits. Celui qui agit ainsi a la garantie que ses prières seront acceptées devant Celui qui réside dans les Hauteurs, s'il le fait vraiment de tout son cœur et de toute son âme. Sans cela, il faut savoir qu'il n'existe aucun refuge permettant d'être préservé de l'immoralité (niouf) et des regards interdits. Même les tsadikim ne peuvent en être préservés à moins de pratiquer la hitbodedout (isolement) pendant une demi-heure et de supplier D.ieu de tout leur cœur et de toute leur âme. Ce n'est qu'alors qu'il sera sauvé. » Il termina ses paroles en disant : « Je dis cela au nom d'Eliyahou Hanavi ».
     

Ce n'est pas le moment

Une certaine année, Rabbénou était assis dans la soucca de Rabbi Israël Yitzhaki, qui avait l'habitude d'étudier avec le père de Rabbénou, Rabbi Ezra Cohen Parachyah zt'l. Tous deux étudiaient le livre « Brit Menou'ha », et commencèrent à accomplir de grands yihoudim (méditations kabbalistiques sur les Noms divins) afin de rapprocher la Guéoula et de mettre fin à la souffrance de la sainte Chékhina. Mais alors qu'ils accomplissaient les yihoudim, Rabbénou commença à ressentir comme si quelqu'un l'étranglait à la gorge, et il se mit à tousser de manière incontrôlable, jusqu'à presque s'étouffer. Il interrompit alors la chose et dit : « C'est fini. C'est un signe que ce n'est pas le moment de faire cela. »
     

Le garçon ne peut pas manger

Rabbi David V. raconta que lorsque son fils avait 3 ans et demi, pendant les jours de Souccot, il se mit à vomir tout ce qu’il mangeait. Lorsque ses parents constatèrent que cela continuait et ne disparaissait pas, ils l’emmenèrent à l’hôpital. Mais les médecins ne trouvèrent aucune cause aux vomissements de l’enfant.

L’enfant resta hospitalisé pendant des semaines, sans rien manger durant tout ce temps. Son corps devint comme un squelette d’os et il était relié à de nombreux tuyaux. Les médecins renoncèrent à essayer de le guérir. Le père de l’enfant demanda à son ami d’aller voir Rabeinou et de lui demander sa bénédiction.

Son ami revint avec la réponse que le Rabbi avait dit : « Tout vient du Ciel », et qu’il lui avait accordé sa bénédiction pour une guérison complète.

Après deux semaines supplémentaires passées par le père à l’hôpital auprès de son fils, il demanda à sa femme de prendre le relais pour veiller sur l’enfant. C’était en effet mardi, et Rabeinou avait promis la délivrance à ceux qui venaient à son cours. « Je veux aller au cours et avoir l’intention, pendant le cours, qu’il soit pour une guérison complète de notre fils. »

R. David vint au cours. Il s’assit à sa place habituelle et espérait que le Rabbi lui ferait un signe et lui montrerait un encouragement concernant son fils. Mais Rabeinou détourna son regard dans une autre direction. Il ne regarda absolument pas du côté de R. David. Cela éveilla l’étonnement de David et il décida qu’après le cours, il s’approcherait immédiatement de Rabeinou pour lui demander une bénédiction pour son fils.

Mais lorsque le cours fut terminé, Rabeinou commença à réciter la prière « Rabbi Hanania ben Akachia omer... », alors qu’il se levait de sa chaise pour dire le kaddish. Mais soudain, Rabeinou se mit à vomir devant tout le monde. Immédiatement, plusieurs assistants et élèves lui apportèrent de l’eau jusqu’à ce qu’il se calme, puis ils prièrent la prière du soir. Ensuite, ils ramenèrent Rabeinou chez lui en toute hâte afin qu’il puisse se reposer après ce qui lui était arrivé.

Lorsque R. David vit ce qui était arrivé à Rabeinou, il n’osa pas s’approcher de lui après le cours pour lui demander sa bénédiction. Au lieu de cela, il se rendit immédiatement à l’hôpital où son fils de 3 ans et demi était alité.

Le lendemain, R. David se tourna vers son fils et lui dit : « Peut-être veux-tu manger quelque chose ? » Mais son fils refusa de manger : « Abba, je vomis tout ce qui entre dans ma bouche. Pourquoi devrais-je manger quoi que ce soit ? » Mais le père insista et convainquit son fils de manger un peu. Après qu’il eut accepté, le père lui mit quelques cuillerées dans la bouche et, à la grande surprise de tous, l’enfant ne vomit pas.

Après quelques minutes, il continua à manger encore un peu du petit bol, jusqu’à ce qu’il le finisse entièrement. Ensuite, son père lui apporta davantage de nourriture et l’enfant la mangea également, petit à petit. Grâce à D.ieu, après quelques examens médicaux, les médecins constatèrent que tout allait bien et, le lendemain, ils l’autorisèrent à quitter l’hôpital et à rentrer chez lui.

Quelques jours plus tard, R. David demanda à Rabeinou : « Pourquoi Rabeinou s’est-il éloigné de moi pendant tout ce temps où j’étais occupé par la maladie qui avait frappé mon fils ? » Rabeinou se tourna vers lui et éleva quelque peu la voix : « Ne te suffit-il pas que j’aie pris sa maladie sur moi ? »

Quelques jours plus tard, l’ami de David révéla que lorsqu’il était allé demander à Rabeinou une bénédiction pour l’enfant, Rabeinou ne lui avait en réalité pas donné de bénédiction et n’avait pas dit « tout vient du Ciel ». Rabeinou lui avait plutôt répondu : « Je ne sais pas quoi faire pour le fils de David. D’après son état, il va quitter ce monde. »

Mais, comme on le comprit, après de nombreux efforts, Rabeinou fit ce qu’il fit et prit la maladie sur lui. Il vomit devant tous ses élèves pendant le cours et, dès le lendemain, le fils commença à manger normalement et à se rétablir.

Bien des fois, des gens venaient voir Rabeinou parce qu’ils avaient besoin d’une délivrance, et il abandonnait tout ce qu’il faisait ce jour-là, se consacrait entièrement à eux et allait au mikvé spécialement pour eux, afin de les délivrer de leurs difficultés. Il faisait cela en particulier pour les femmes qui rencontraient des complications lors de l’accouchement. Même pour des personnes qu’il n’avait jamais rencontrées auparavant, et qui venaient pour la première fois lui demander une bénédiction, il s’effaçait néanmoins complètement, abandonnait toutes ses occupations et allait au mikvé pour elles. C’était là une véritable manière d’aider son prochain et de ressentir la souffrance de son prochain comme si elle était la sienne.
     

Cesse de te disputer avec ta femme

Il y avait un grand érudit en Torah qui était l’un des élèves de Rabeinou. Un jour, il eut une violente dispute avec sa femme. Or, au beau milieu de cette dispute qui faisait rage, le téléphone sonna soudainement. L’homme décrocha et c’était Rabeinou. Lorsqu’il répondit, Rabeinou lui dit : « Cesse de te disputer avec ta femme. La femme est la Shekhina et tu dois l’honorer ! » Rabeinou raccrocha le téléphone.
     

Honore ta femme afin de devenir riche

Il y avait un certain homme qui était frappé par des épreuves les unes après les autres : accidents de voiture, maladies, etc. L’un de ses amis mentionna son nom devant Rabeinou pour recevoir une bénédiction, et Rabeinou cita immédiatement le Talmud : « Rava dit : honorez vos femmes afin que vous deveniez riches » (Bava Metsia 59a). Rabeinou dit : « La shefa de la parnassa, qui comprend tout ce dont un homme a besoin, dans le domaine spirituel comme dans le domaine matériel, ainsi que la protection contre les dommages et les influences... Ainsi, lorsqu’un homme honore sa femme, il mérite une bonne shefa de parnassa (une subsistance abondante) dans tous les domaines, et tous les mauvais décrets s’éloignent de lui. Honorer sa femme, c’est honorer la Shekhina. Lorsque la Shekhina est remplie de shefa et d’honneur, elle déverse une grande shefa tov sur Beit Israël. »
     

Je ne me suis jamais mis en colère

Un jour, un certain élève vint voir Rabeinou à la laiterie. Lorsqu’il arriva, Rabeinou lui cria : « Pourquoi es-tu venu ici ?... » Cet élève baissa la tête et accepta les remontrances avec amour. Mais après quelques minutes, il releva la tête et demanda avec respect et déférence : « Mais Rabeinou avait accepté que je vienne ici. »

Rabbinou a ri et a dit : « Assieds-toi, assieds-toi. Sache que tous mes cris servent à adoucir les jugements qui pèsent sur une personne et sont dépourvus de toute colère, chas v'shalom! Je vous aime tous d’un amour infini ! Sache que je ne me suis jamais mis en colère contre aucun Juif ! »
     

Avec des bénédictions, Chaïm Cohen

L’un de ses élèves raconta l’histoire suivante. Durant l’hiver 2020, je me rendis sur la tombe de Rabeinou à Sanhedria et j’y vis un Juif religieux qui pleurait amèrement. Je m’approchai de la tombe et commençai à réciter quelques Téhilim ainsi que diverses prières. Le Juif ne cessait pas de pleurer. Il se tenait toujours là, en pleurs devant la tombe.

Je décidai de lui demander de m’expliquer ce qui lui arrivait. Peut-être traversait-il une situation difficile, avait-il un quelconque problème. Peut-être pourrais-je l’aider ? Je tendis la main et lui tapotai l’épaule. L’homme se tourna vers moi et comprit ce que je voulais.

Il commença à me raconter son histoire : Sachez que je n’ai jamais rencontré ce tsaddik. Peut-être ai-je vu sa photo une ou deux fois de son vivant. Mais un homme aussi généreux, je n’en ai jamais vu. Puis il me raconta son histoire.

Je suis issu d’une famille dont le père est décédé. J’ai onze frères qui sont tous des avrékhim et étudient la Torah toute la journée. Ma mère éprouvait de grandes difficultés lorsque survenait le moment des occasions particulières dans notre famille, qu’il s’agisse d’une Bar Mitsva ou d’un mariage. Avant chaque événement heureux qui devait avoir lieu dans notre famille, ma mère priait D.ieu de lui envoyer une délivrance d’En Haut afin qu’elle puisse payer les frais de l’événement.

À mon grand étonnement, ainsi qu’à celui de mes frères et sœurs, un ou deux jours plus tard, après la prière qu’elle avait prononcée dans l’intimité devant son Créateur, une enveloppe nous était soudainement envoyée, portant la mention : « Avec des bénédictions, Chaïm Cohen ».

De même, pour ma propre Bar Mitsva et pour celle de chacun de mes frères, une paire de téfilines nous était également envoyée. Quel homme généreux ! Il envoya tant de fois des cadeaux en secret à ma mère. Et cela s’ajoutait à la roua'h hakodech grâce à laquelle il savait ce qui se passait chez nous. C’était comme s’il était un émissaire du Ciel.

Après la prière de ma mère, soudain, le tsaddik envoyait son aide. Il n’y a pas de mots pour décrire son trait de bonté sans limites. L’homme sortit alors l’une des enveloppes envoyées à sa mère. En effet, elle était écrite de la main de Rabeinou et portait la signature : « Avec des bénédictions, Chaïm Cohen ».
 

la tombe de R. Chaïm

     

les personnes qui viennent à moi se repentent

Un jour, Rabeinou dit : celui qui se trouve avec moi au moment où je reçois des personnes peut voir que chaque personne, lorsqu'elle vient à moi, fait immédiatement téchouva (repentance). Car je les réprimande sur des choses que seuls eux et leur Créateur connaissent. Et lorsqu'ils voient que leurs actes sont connus des tsadikim, ils regrettent et ont honte de continuer à pécher. Ainsi, ils en viennent ensuite à une repentance complète, par amour de D.ieu, et abandonnent leurs mauvaises actions.
     

Gilgoul Chéleg

L'un de ses élèves raconta que durant les jours de Chovavim, il décida d'accomplir le tikoun complet du gilgoul chéleg (rouler dans la neige), accompagné du jeûne de trois jours consécutifs. Il jeûna pendant trois jours, puis se rendit dans le nord avec la yéchiva de Kabbala « Beit El » du kabbaliste R. Nissin Peretz. Là-bas, ils accomplirent le gilgoul chéleg avec les kavannot particulières, conformément aux instructions du Rav Peretz.

Après avoir fait tout cela, sans rien dire à Rabeinou, il se rendit à la synagogue à l'office de Min'ha du vendredi. De nombreuses personnes demandaient une bénédiction. Mais Rabeinou refusa de les recevoir, car il était pressé de se préparer pour le Chabbat. Soudain, il se tourna vers cet élève et commença à lui donner d'immenses bénédictions. L'une des personnes présentes demanda à haute voix : « Pourquoi le Rav ne me bénit-il pas moi aussi ? » Rabeinou lui répondit : « Lorsque tu jeûneras pendant trois jours et que tu feras le gilgoul chéleg comme cette personne l'a fait, je te bénirai toi aussi ! »
     

comment était la douche ?

Pour les personnes qui ne s'étaient pas immergées au mikvé, il lui était très difficile de s'approcher d'elles. Mais après leur immersion, il leur adressait un sourire rayonnant et se réjouissait grandement avec elles. Il exhortait les gens à s'immerger chaque jour avant la prière du matin, pour la pureté. Ou, au minimum, les mardis et vendredis avant le Chabbat.

Il disait que celui qui fait cela, on peut voir sur son front qu'il s'est immergé. Il pouvait facilement voir chez une personne si elle s'était immergée ou non. Un certain homme se rendit un jour au mikvé, mais ne s'immergea pas. Il prit simplement une douche. Lorsqu'il vint chez Rabeinou, Rabeinou lui dit : « Alors, comment était la douche ? »
     

La lumière du Mikvé

Tout le monde connaissait la grande méticulosité de Rabeinou concernant le mikvé. Il disait : « La lumière du mikvé est la lumière du monde de la téchouva (ohr hamikvé olam hatéchouva). Un homme est tenu de se repentir chaque jour, et il est impossible de parvenir à une véritable téchouva sans mikvé ».

Lorsque le Kollel « Birkat Chaïm » fut ouvert dans son beth midrach, il dit aux avrékhim qu'il leur demandait de s'immerger au moins les mardis, les vendredis et lorsque cela était nécessaire. Mais celui qui ne s'immergeait pas, il serait difficile pour cette personne de le regarder. En effet, les avrékhim avaient peur de s'approcher de Rabeinou et de lui parler sans être passés par le mikvé. Le jour où ils voulaient lui parler, ils allaient d'abord au mikvé et faisaient téchouva.

Rabbi Shlomo Batzri raconta : un jour, Rabeinou parla des maalot (bienfaits) du Mikvé. Il dit : « On est tenu de faire téchouva avant de s'immerger et de réciter le vidouï, puis de s'immerger treize fois. Mais si l'on ne récite pas le vidouï avant de s'immerger, il vaut mieux ne pas s'immerger. »

Il raconta au sujet d'un certain Admor (Rabbi hassidique) qui disait que certaines personnes qui vont au mikvé en ressortent dans un état pire qu'auparavant. C'est parce qu'elles n'ont pas fait téchouva. Ensuite, elles sortent du mikvé avec de la gaava (orgueil) : « Nous nous sommes immergés dans un mikvé froid ! » Il aurait mieux valu qu'elles ne s'y soient pas immergées du tout.

Le kabbaliste et tsadik, R. Yehudah Zev Levovitz, disait : lorsqu'une personne plonge sa tête dans le mikvé, elle doit avoir l'intention de s'abaisser et de mériter le trait d'humilité.

immerger ses lunettes
Rabeinou avait l'habitude d'immerger ses lunettes dans le mikvé. Il raconta que Rabbi Yosef Waltach immergeait ses vêtements. Lorsqu'un de ses élèves l'interrogea à ce sujet, Rabeinou répondit : « Ne vous mêlez pas de ce que font les grands tsadikim. Ce qui vous incombe de faire, faites-le. Immergez-vous dans le mikvé. Mais il n'est pas nécessaire de s'immerger avec ses vêtements ni d'accomplir d'autres actes auxquels les grands tsadikim sont habitués. »

J'ai chauffé l'eau pour toi
Menachem Shwartz raconta : un jour, quelques élèves allèrent avec Rabeinou s'immerger dans une source en pleine nature. Soudain, Rabeinou regarda et vit qu'un des élèves ne s'était pas immergé. Lorsque Rabeinou lui demanda pourquoi il ne s'immergeait pas, il répondit qu'il lui était difficile de s'immerger dans une eau froide. Rabeinou lui dit : « Tu peux entrer maintenant ! Je viens justement de chauffer l'eau pour toi. » Et c'est ainsi que cela se passa. Lorsqu'il entra dans l'eau, il sentit qu'elle était effectivement chaude.
     

Des anges me chuchotent à l'oreille

Une certaine personne offrit à Rabeinou des goyaves (fruits). Je dis à Rabeinou : « Peut-être que ces goyaves sont tombées pendant le Chabbat et sont mouktsé, et qu'il est interdit de les toucher. » Rabeinou me répondit : « Sache que puisque, dans toutes mes voies, je m'efforce d'agir au-delà de la stricte loi (lifnim mishourat hadin), du Ciel on m'aide à ne pas trébucher dans quelque chose d'interdit. Il y a des anges qui me chuchotent à l'oreille ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire. Tu peux donc être assuré qu'il n'y a pas d'interdit de mouktsé concernant cette goyave. » Il ajouta : « De même, si tu me vois parfois manger quelque chose qui, selon la halakha, nécessite une vérification pour s'assurer qu'il ne contient pas de vers, et que je le mange immédiatement sans le vérifier, c'est à cause des anges qui me chuchotent à l'oreille que le fruit est propre et qu'il est permis de le manger. »
     

Dans le tikoun hayessod, tous les jugements disparaîtront

Un jour, un certain Juif vint trouver Rabeinou avec toutes sortes de jugements prononcés contre lui par les tribunaux. Rabeinou lui dit : « Si tu fais téchouva dans les domaines de la sainteté, le tikoun hayessod, alors tu verras que tous les jugements et toutes les accusations portés contre toi disparaîtront. »
     

Je l'ai déjà retourné

R. David V. raconta : lorsque ma femme était enceinte, le fœtus était très gros. Au huitième mois, elle passa un examen médical et le bébé se trouvait en position podalique. Lorsque les médecins virent le poids du bébé, ils décidèrent que nous devions fixer une date pour un accouchement chirurgical (césarienne), car il n'y avait absolument aucune chance que le bébé se retourne. Je me rendis immédiatement chez Rabeinou, qui se trouvait alors à une réunion importante avec l'un des dirigeants du monde religieux. Avant que je ne réussisse à entrer, il se tourna vers moi de loin et me dit : « Tu peux partir, j'ai déjà retourné le bébé et tout va bien. Elle pourra accoucher normalement. » J'étais stupéfait qu'il sache pourquoi j'étais venu et qu'en quelques secondes, il ait déjà retourné le bébé. Effectivement, lors de l'examen médical suivant, on constata que tout allait bien. Ma femme accoucha normalement.
     

Mentionner le mérite des Avot

Un jour, Rabeinou dit : lorsqu'une personne se tient en prière devant D.ieu, elle doit sentir qu'elle n'a aucun mérite qui lui permette de se tenir devant D.ieu, béni soit-Il, et à plus forte raison de Lui présenter ses demandes. C'est pourquoi nos Sages ont institué de mentionner le mérite des Avot, et nous commençons la prière de la Amida en disant : « Le D.ieu d'Avraham, le D.ieu d'Yitzchak et le D.ieu de Yaakov ». Notre intention est que, par le mérite des saints Patriarches, nous, leurs descendants, méritions que notre prière s'élève devant le Maître de tout. Car lorsque nous sommes seuls, que sommes-nous et que vaut notre vie ? Mais par le mérite de nos saints Patriarches, nous avons toujours un mérite devant D.ieu, et Il écoute favorablement nos supplications.
     

Ségoulot pour la parnassa

1. La meilleure ségoula (remède) et celle qui a été le plus éprouvée pour la parnassa (subsistance) consiste pour un homme à prier en tout temps son Créateur, à avoir confiance et à croire que l'abondance et la bénédiction (Shefa et Berakha) viennent de Lui, et à confier ses besoins à D.ieu seul, sans absolument aucune inquiétude. Celui qui place ainsi sa confiance en D.ieu, sachant qu'aucune créature ne peut lui retenir sa subsistance puisque tout vient de la main de D.ieu, verra alors D.ieu lui envoyer sa subsistance. De même, au moment de la prière, il doit concentrer ses pensées uniquement sur D.ieu, afin qu'Il l'aide et lui accorde abondamment sa subsistance de Sa main généreuse.

2. Fixer chaque jour des moments consacrés à l'étude de la Torah... car la bénédiction essentielle concernant la parnassa consiste à se consacrer à la sainte Torah.

3. Celui qui est méticuleux concernant le Birkat Hamazon (grâce après les repas) obtiendra sa subsistance avec honneur tous les jours de sa vie (Talmud). C'est-à-dire qu'il le récite à partir d'un texte écrit et avec une grande joie.

4. Une ségoula bien connue pour la richesse et la réussite consiste à prélever le maasser sur ses bénéfices, comme l'ont dit nos Sages : « Prélève le maasser afin que tu deviennes riche. »

5. Une ségoula pour la richesse : lorsqu'une personne se rend à la synagogue le matin, elle doit préparer trois pièces de monnaie. Lorsqu'elle dit « Véhata mochèl bakol », elle doit d'abord mettre deux pièces à la tsédaka, puis la troisième... (voir le livre pour certaines intentions kabbalistiques)...

6. Celui qui veille à réciter le Pitoum HaKetoret (l'encens du Temple) matin et soir méritera de voir sa subsistance s'élargir.

7. Lorsqu'on récite le verset « Potéa'h et yadékha oumasbia lekhol 'haï ratson » — il faut avoir l'intention que tout est entre les mains de D.ieu et que la parnassa vient de Lui. Elle ne dépend absolument pas des efforts de l'homme. Au contraire, D.ieu pourvoit aux besoins de tous, « depuis les minuscules œufs des poux jusqu'aux cornes des bœufs sauvages » (Talmud, Avoda Zara 3b)...
     

Enfant égaré

Une ségoula (attribuée à l'Ari Zal) pour une personne égarée (un fils, un membre de la famille ou même une personne sans lien de parenté) : prendre une brique neuve, non cassée (ou un carreau de céramique, dont la forme doit être parfaitement carrée ou rectangulaire sur tous les côtés). Placer la brique dans le four où sont cuites les hallot/pains du Chabbat pendant deux semaines consécutives. Ensuite, écrire sur la brique : « פלוני בן פלונית וכשם שהלבנה זה בוער בתנור אש כך יבער הלב של פלוני בן פלונית שיצא לרע שיהפוך ליבו לשמים לטובה » (le nom doit être écrit deux fois). Celui qui l'a écrite doit réciter verbalement le texte ci-dessus trois fois. Placer la brique sur la tombe d'un ancien tsadik, de préférence à un endroit où elle pourra rester plusieurs semaines si possible. Il est possible d'écrire plusieurs noms sur la brique, mais pour chaque nom, le texte complet doit être réécrit. On peut demander à quelqu'un d'autre de placer la brique sur la tombe. Plus de détails ici

Une fois, Rabeinou envoya quelqu'un accomplir cette ségoula et lui promit que, dans les deux semaines, son fils changerait complètement, mais cela ne fonctionna pas. Lorsque cette personne revint, Rabeinou lui demanda pourquoi il l'avait placée sur la tombe d'un tsadik à Bnei Brak. Ce sont des tsadikim plus récents. La ségoula nécessite précisément un ancien tsadik qui possède des pouvoirs supérieurs (koach elyon), comme les Tanaïm ou les Amoraïm, ou Shmuel Hanavi, ou un autre de ce genre. Après qu'il l'eut faite à nouveau, le fils changea effectivement d'un extrême à l'autre.
     

La puissance du mikvé

Lorsqu'un homme entre dans le mikvé, il est comme un fœtus dans le sein de sa mère. Et de même que, durant les quarante jours précédant la formation de l'embryon, la nature de l'enfant se forme, qu'elle soit bonne ou mauvaise (sage ou sot, riche ou pauvre, etc.), de même, la ségoula des quarante séah du mikvé consiste à ramener l'homme à cette situation et à transformer sa nature pour le bien. C'est pourquoi il est bon de faire au moins une immersion de manière à ne toucher ni les parois ni le sol du mikvé avec les mains ou les pieds, comme un fœtus qui se trouve entièrement dans l'eau et y est replié.
     

Avant la prière

Une personne doit faire téchouva avant chaque prière — Cha'harit, Min'ha et Arvit. Si elle prie Min'ha et Arvit à la suite, il suffit de le faire avant Min'ha, et cela comptera également pour Arvit. Il faut savoir que par la puissance de la prière, on peut atteindre des niveaux de prophétie et de roua'h hakodech. Car le sommet de la prière est la prophétie, comme cela est écrit dans le Choul'han Aroukh, dans les lois de la prière : on doit penser comme si la Chékhina (Présence divine) se trouvait face à soi, écarter toutes les pensées distrayantes et s'imaginer se tenir là-haut devant D.ieu, en considérant la grandeur du mérite de se rapprocher de D.ieu et sa propre petitesse en tant qu'être humain. L'immersion avant la prière possède une très grande puissance pour aider une personne à atteindre ces niveaux.
     

L'acceptation de la prière

L'acceptation de la prière dépend de la puissance de l'émouna — du fait qu'un homme croit que D.ieu écoute et entend sa prière. Plus une personne accomplit de bonté ou donne de la tsédaka avant la prière, plus grand sera également le yi'houd accompli En-Haut, et plus il est propice que sa prière soit acceptée. Car « le dam (sang) est le néfech », et par les damim (l'argent) que l'on donne, on s'attache à la Chékhina ; c'est là la porte du Ciel par laquelle sa prière sera favorablement acceptée, et rien n'annule les décrets comme la tsédaka. Mais à condition que cela soit également accompagné de téchouva et de la rectification de ses actes.
     

Le Hilazon

Rabeinou parla un jour du Hilazon du Machon Mikdash. Il dit qu'il l'avait vérifié par vision spirituelle ainsi que par vision physique, et qu'il s'agissait bien du Hilazon utilisé pour fabriquer la tékhélet (teinture bleue). Il leur acheta des Hilazonim et demanda à ses élèves de lui teindre des fils de tékhélet. L'un de ses élèves voulut également faire pour lui-même des fils de tékhélet, mais Rabeinou lut dans ses pensées et lui dit qu'il n'y avait pas besoin de le faire. "Tu ne dois pas te fabriquer des fils de tékhélet. Tant que le Temple n'est pas reconstruit, il n'y a pas de nécessité de le faire. Moi, je le fais afin d'illuminer une ohr 'hozer en vue de ce qui sera dans l'avenir. Mais il n'y a aucune raison d'être makpid sur cela, et chacun peut continuer à suivre son minhag."

     

Entrer dans la synagogue

Lorsqu'il entrait dans la synagogue, Rabeinou tenait à demander la permission aux saints Avot d'entrer dans la synagogue, en récitant le verset : « Vaani berov 'hasdekha (avec l'intention de penser à Avraham, l'homme de 'hessed), avo beitekha, eshta'hav el heikhal kodshekha (avec l'intention de penser à Yitz'hak, qui est appelé « kadosh »), beyiratekha (avec l'intention de penser à Yaakov, qui a dit : « Ma nora hamakom hazé »). » Mais à Cha'harit, on ne doit pas dire cela à moins de porter le talit et les téfilines, comme cela est rapporté dans le saint Zohar. Après ce verset, on doit dire : « Bebeit Elokim nehalekh beregesh », et avoir l'intention, dans le mot « beregesh », de la guématria du Nom « Aleph-Bet-Guimel-Youd-Tet-Tsadik final »
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Les saints Avot viennent à la synagogue au moment de la téfila. C'est pourquoi un homme doit prier uniquement à la synagogue. S'il fait un minyan chez lui, ils viennent là-bas uniquement au moment de la prière. Il doit veiller à lire le Chéma dans la même pièce où il prie la Amida.
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Un jour, l'un de ses élèves les plus proches lui demanda : « Est-il vraiment vrai que les Ouchpizine viennent dans la soukka ? » « Oui », répondit Rabeinou.
« Est-il vraiment possible de les voir ? », demanda l'élève. « Certainement, il est possible de les voir. Baroukh Hachem, j'ai le mérite de les voir chaque jour dans la soukka », dit Rabeinou avec un sourire empreint d'humilité. L'élève demanda : « À quoi ressemble Avraham ? » Rabeinou répondit : « Même si tu es grand, Avraham est deux fois plus grand que toi ! »

Une année, Rabeinou raconta que les révélations pendant la fête de Soukkot sont extrêmement grandes, car on est assis dans « l'ombre de la foi », avec les sept Ouchpizine. Il est donc possible d'atteindre de plus en plus, durant ces jours, des niveaux de roua'h hakodech. » Il ajouta : « Mon père aussi se révèle à moi chaque année, à de nombreuses reprises, dans la soukka. Et il parle avec moi de paroles de Torah et de nombreuses autres choses. »
     

Le premier à la synagogue

Pendant de nombreuses années, Rabeinou avait l'habitude d'arriver le premier à la synagogue. Il avait pour coutume de quitter son domicile au milieu de la nuit pour se rendre à la synagogue. Il se consacrait alors avec ardeur à l'étude de la Torah et aux prières pour le peuple d'Israël, jusqu'à l'heure de la prière du matin.
     

Quitter son domicile avec le talit et les téfilines

D'innombrables fois, Rabeinou disait : « Il est impossible de décrire la protection d'En-Haut (shemirah elyonah) accordée à celui qui quitte son domicile en portant le talit et les téfilines. Car les Noms saints et les lumières de la mezouza de son domicile brillent sur lui, avec les Noms et les lumières des téfilines, et tout particulièrement avec le premier chapitre du Chéma récité à l'entrée [de son domicile]. Il n'existe pas de plus grande protection (shemirah) que celle-ci, qu'il s'agisse d'une protection physique ou spirituelle, afin d'être préservé du yétser hara et de ses suppôts. Et il n'y a aucune comparaison entre celui qui quitte son domicile paré du talit et des téfilines et celui qui les revêt dans la cour de la synagogue. Car ce dernier est privé des lumières de la mezouza et de la récitation du Chéma à l'entrée. »

Il soulignait également que tout cela est valable lorsque la synagogue est proche de son domicile et qu'il lui est possible de s'y rendre en portant les téfilines tout en veillant correctement à ses yeux afin d'éviter toute vision interdite. Mais si la synagogue est éloignée de son domicile, ou si, sur le chemin, il y a des choses interdites qu'il pourrait voir et qui pourraient le faire trébucher pendant son trajet vers la synagogue, alors il vaut mieux préserver la sainteté des téfilines, ne pas être confronté à des visions interdites en les portant, et il doit les mettre à la synagogue.

Rabeinou portait quatre sortes de téfilines : celles de Rachi, celles de Rabeinou Tam et, à Min'ha, il mettait les téfilines de Chimusha Rabba et du Raavad. Il échangeait les téfilines de Rachi contre celles de Rabeinou Tam entre la Amida silencieuse et la Amida de la communauté (la 'hazara de la téfila), de manière à avoir terminé de les mettre avant le début de la 'hazara.
     

L'ordre de la prière

Rabeinou était très méticuleux concernant la récitation de l'intégralité de la prière du matin, depuis Pata'h Eliyahou, en passant par le Léchèm Yi'houd et les Korbanot, jusqu'à la fin de Alénou Léchabéa'h (c'est-à-dire l'ordre complet de la prière du matin), et il veillait à ce que tout cela soit récité avec le tsibour (la communauté) et non béya'hid (individuellement). À de nombreuses reprises, il dévoila ce qu'il avait sur le cœur en disant : « Bien que je puisse mieux me concentrer sur mes intentions dans la prière en priant seul chez moi, où les pensées des membres de la communauté ne me perturbent pas dans ma prière, néanmoins je ne m'abstiens pas de prier avec la communauté, car c'est ce que D.ieu désire : qu'une personne s'unisse à tout Israël dans une parfaite unité (yi'houda chalem). » Rabeinou veillait également à réciter avant la prière ce que l'Ari Zal écrit : « Me voici prêt à accepter sur moi la mitsva de : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”, et voici que j'aime... » Il ajoutait également « et j'aimerai » au futur.

Il disait également que, selon la manière dont une personne se conduit dans ses actes et selon la façon dont elle considère les autres, cela contribue également à ce que sa prière soit acceptée devant le Maître de tout, comme le dit le prophète :

« Mais partage ton pain avec celui qui a faim, et ramène chez toi les pauvres qui gémissent... Alors ta lumière poindra comme l'aurore, ta guérison germera rapidement, et ta vertu marchera devant toi ; la gloire de l'Éternel te recueillera. Alors tu appelleras et l'Éternel répondra, tu crieras et Il dira : “Me voici”, si tu éloignes de ton sein la perversité, le geste accusateur et les paroles mauvaises » (Isaïe 58).
     

Arrête de penser à la loterie

Rabeinou était capable de voir clairement quelles étaient les intentions de chacun pendant sa prière et où se dirigeaient ses pensées. À de nombreuses reprises, lorsque les pensées des personnes qui l'entouraient perturbaient sa prière, il demandait à la personne de cesser de penser à des choses qui n'avaient aucun rapport avec la prière et de se concentrer davantage sur les paroles de la prière qu'elle prononçait. C'est l'une des raisons pour lesquelles Rabeinou préférait que la prière de la communauté soit récitée rapidement : ainsi, on n'a pas le temps de penser à des choses futiles et les pensées de la communauté restent uniquement concentrées sur la prière.

Un jour, Rabeinou sentit que l'un de ses élèves pensait à la loterie. Il s'approcha de l'élève et lui dit : « Arrête de penser à la loterie, cela perturbe ma concentration dans la prière. »

Un autre élève raconta qu'il était assis à quelques chaises de Rabeinou et qu'il vit Rabeinou se couvrir de son talit plus que d'habitude. Ensuite, il se couvrit même la tête avec le talit. L'élève ne comprit pas pourquoi, jusqu'à ce que Rabeinou s'approche de lui et lui dise : « S'il te plaît, arrête de penser à ta maison et aux problèmes qui t'y entourent. Cela perturbe ma kavana (concentration). »

Il exhortait le 'hazan (officiant) à ne pas penser à toutes sortes de piyoutim (chants liturgiques) qui les perturbaient lorsqu'ils récitaient la prière. Il disait qu'une fois, il avait vu un 'hazan qui, au milieu du Kaddich, s'était soudain mis à penser à une chanson arabe. Rabeinou donna même le nom de la chanson, bien qu'il ait précisé qu'il ne connaissait absolument pas cette chanson. Il avait simplement vu que le chantre y pensait pendant la prière.
     

Prier D.ieu pour trouver une bonne place de stationnement

En plus des prières instituées par nos Sages, Rabeinou disait que lorsqu'une personne conduit une voiture, elle doit, dès le début du trajet, prier et demander à D.ieu de lui préparer une bonne place de stationnement à destination. Et D.ieu, qui entend toutes les prières, entendra certainement sa prière. Ainsi, au lieu de devoir ensuite chercher une place de stationnement et tourner en rond, avec l'aide de D.ieu, elle trouvera rapidement une place.
     

Je te pardonne

Un vendredi, Rabeinou se préparait pour le Chabbat. Il alla au mikvé et se lava en l’honneur du Chabbat. Sur le chemin du retour, il gara sa voiture et se dirigea à pied vers son domicile. Soudain, une voiture s’arrêta près de chez lui. Le conducteur fit signe de la main à Rabeinou et lui indiqua qu’il voulait lui demander quelque chose. Rabeinou s’approcha du conducteur, qui se mit à dire à haute voix : « Tu es religieux, tu es quelqu’un qui observe la Torah. ? » Puis il cracha de manière dégoûtante au visage de Rabeinou et salit ses vêtements propres. Rabeinou resta silencieux et ne répondit pas. Il lui dit ensuite qu’il lui pardonnait complètement... Quelques jours plus tard, ce conducteur vint chez Rabeinou et lui demanda pardon pour ce qu’il avait fait, en disant : « J’ai rêvé cette nuit que je devais venir vous demander pardon et que, si je ne le faisais pas, ce serait la fin de ma vie »..

Un incident similaire se produisit une autre fois, alors que Rabeinou conduisait sur la route. Le conducteur d’une moto était en colère contre lui, car sa voiture l’empêchait de dépasser dans la circulation. Il s’arrêta à côté de la voiture de Rabeinou lorsqu’ils arrivèrent à un feu rouge et frappa à la vitre. Rabeinou baissa innocemment la vitre et le conducteur lui cracha au visage de manière dégoûtante. Rabeinou se maîtrisa et ne se mit pas en colère. Il dit : « Ton crachat a un goût si doux ; peut-être peux-tu aussi cracher de l’autre côté de mon visage ? » L’extrêmement insolent conducteur de la moto cracha de nouveau sur Rabeinou... Immédiatement, Rabeinou eut pitié de lui et lui dit de tout cœur : « Je te pardonne complètement et je ne suis absolument pas contrarié. » Quelques secondes plus tard, le conducteur fut rappelé par le Ciel, et une voiture le percuta et le tua sur le coup. Rabeinou, qui vit cela, se mit à pleurer sa mort.

Il convient de noter qu’après le meurtre du kabbaliste R. Elazar Abouhatseira, Rabeinou commença à porter une bague spéciale sur laquelle étaient inscrits des Noms sacrés, pour sa protection. En effet, en mars 2013, quelqu’un tenta de l’assassiner avec un couteau dans sa synagogue pendant la prière du matin, mais il fut maîtrisé par les personnes présentes et remis à la police (comme indiqué ci-dessous).
     

Dibbouk et esprits

Bien que Rabeinou possédât des pouvoirs élevés et qu’il s’occupât de choses auxquelles tous les tsadikim ne se consacrent pas, qu’il menât la guerre contre les forces de la touma (impureté) et qu’il fût impliqué sans limite dans la réparation des âmes et dans le rapprochement de la Guéoula. Mais il y avait une chose dont Rabeinou s’éloignait énormément. Rabeinou veillait très scrupuleusement à ne pas se trouver près d’un homme en qui se trouvait un esprit mauvais. Il disait que se trouver à proximité d’une personne en laquelle un esprit mauvais était entré, même à l’intérieur de ses quatre coudées (environ 2 mètres), pouvait empêcher un homme d’atteindre de grands accomplissements.

Rabeinou était capable de détecter immédiatement toute personne à laquelle un esprit mauvais s’était attaché, et il s’en éloignait, refusant certainement de lui serrer la main. Un jour, alors que Rabeinou dansait avec une immense joie et qu’une joie extraordinaire remplissait toute l’assemblée, il s’arrêta soudainement et une expression de profonde gravité apparut sur son visage. Alors qu’il se tournait pour quitter les lieux, il demanda à l’un de ses proches élèves : « Pourquoi as-tu laissé Ploni (untel) me toucher ? Il a un esprit mauvais et dès qu’il m’a touché, ils m’ont troublé d’En Haut... »

Bien des jours plus tard, cette personne vint à la synagogue le Chabbat. À la fin des prières, l’homme possédé se plaça sur le passage entre l’endroit où se trouvait Rabeinou et la sortie de la synagogue et commença à parler avec quelqu’un. Rabeinou saisit l’occasion. Il passa entre les bancs et l’Arche sainte et quitta discrètement la synagogue sans que l’homme ne s’en aperçoive. Ainsi, il lui échappa.

     

Je ne m’occupe pas des personnes possédées par un esprit mauvais

Rabeinou raconta que, dans sa jeunesse, il avait vu comment un certain sage de la Torah, qui était un très grand kabbaliste et qui avait atteint de très hauts niveaux et reçu de grandes révélations (Rabeinou ne voulut pas dire son nom par respect pour lui), s’était occupé de réparer une âme. Un dibbouk (l’âme d’un pécheur) était entré dans un homme. Mais comme il s’agissait de l’âme de quelqu’un qui avait été un très grand pécheur de son vivant (et qui avait donc des forces de touma/impureté très puissantes attachées à lui), le dibbouk réussit à prendre le dessus sur le tsadik. Il sortit de l’homme et entra dans le tsadik. À cet instant, le tsadik perdit tous ses niveaux spirituels et devint fou.

À partir de ce moment-là, Rabeinou prit sur lui de ne plus jamais s’occuper de ce genre de tikounim (réparations), sous quelque forme que ce soit. Lorsque de tels cas se présentaient à lui, il les orientait vers d’autres tsadikim (le kabbaliste R. Yitzchak Kadouri zt’l, R. Yaakov Atzlan et R. David Batzri) qui s’occupaient de ces choses.
     

Allez voir Rabbi Atzlan pour un Tikoun (réparation)

Un certain érudit de la Torah vint trouver Rabeinou à la fromagerie. Il lui demanda au sujet d’une femme qui avait fait une fausse couche pendant sa grossesse. Il demanda une délivrance pour elle. Lorsque Rabeinou entendit son nom, il réfléchit pendant quelques secondes, puis dit : « Je ne peux pas aider cette femme ! » L’érudit de la Torah essaya d’insister auprès de Rabeinou pour qu’il lui donne au moins une bénédiction. Mais Rabeinou expliqua : « J’ai déjà été atteint une fois ! Si elle le souhaite, qu’elle aille voir Rabbi Atzlan pour recevoir une bénédiction ».
     

Incapable de dormir

Un jour, une personne proche de Rabeinou lui demanda de bénir un certain Admor (grand rabbin hassidique) qui était incapable de dormir la nuit. Rabeinou répondit : « Dis-lui qu’il a un dibbouk — un esprit mauvais (roua’h ra’) — et que cet esprit l’empêche de dormir la nuit... Qu’il rabaisse son orgueil et aille voir Rabbi Atzlan pour un tikoun (réparation). Je ne donne pas de bénédictions aux personnes qui ont des esprits mauvais. »
     

Un vendredi, une femme vint trouver Rabeinou et lui demanda une bénédiction. Dès qu’elle s’approcha de Rabeinou, il se mit à lui crier dessus avec des hurlements terribles. Il lui dit qu’elle avait un esprit mauvais et qu’il ne bénissait pas de telles personnes. « Allez voir des rabbins qui s’occupent des esprits et revenez ensuite ici. »

Il expliqua ensuite que parfois, les esprits mauvais sont très puissants et qu’ils sont capables de le perturber dans son niveau spirituel. Il est donc obligé d’employer des paroles dures afin de les choquer. Ce n’est qu’ainsi qu’ils acceptent de le laisser tranquille. Mais, à Dieu ne plaise, il n’a certainement aucune intention de blesser une personne qui vient le voir. Ses paroles sont uniquement et exclusivement adressées à l’esprit mauvais qui se trouve à l’intérieur de la personne.

     

Tentative de meurtre

Un certain homme vint trouver Rabeinou pour recevoir une bénédiction. Mais Rabeinou refusa de le bénir, disant qu’il avait un esprit mauvais et qu’il ne s’occupait pas de telles personnes. Mais l’homme ne cessa pas de déranger Rabeinou. Il vint encore et encore à la fromagerie pour demander une bénédiction. Mais Rabeinou refusa catégoriquement. Alors, l’homme commença à casser des objets dans la fromagerie et à provoquer des troubles. Il continua à demander à Rabeinou de le bénir, disant que ce n’est qu’à cette condition qu’il quitterait les lieux et n’y reviendrait pas. Mais Rabeinou refusa de le bénir.

Finalement, un jour, cet homme vint à la synagogue Tiferet Tzvi. C’est là que Rabeinou priait chaque jour la prière de Cha’harit (la prière du matin). Il avait l’intention d’attaquer Rabeinou et de le tuer. Il entra dans la synagogue et se dirigea directement vers l’Arche sainte. Lorsqu’il recula de cet endroit, il se mit à élever la voix, cria en direction de Rabeinou et alla l’attaquer. Mais la Providence divine veillait sur Rabeinou et son assistant, R. Liron Zohar, comprit immédiatement ce qui allait se produire. Il plaqua l’homme au sol et le maintint jusqu’à l’arrivée de la police, qui l’arrêta. Ainsi, le danger fut écarté de Rabeinou.

Il est intéressant de noter que pendant tout ce temps, malgré le grand tumulte et les nombreux cris dans la synagogue, Rabeinou était complètement plongé dans sa prière et, après l’incident, il déclara qu’à ce moment-là, il se trouvait entièrement dans les mondes supérieurs et n’avait rien ressenti de ce qui se passait autour de lui.

Il convient également de souligner que cet incident eut lieu quelques mois après le meurtre tragique du grand kabbaliste Rabbi Eliezer Abouhatseira, le vendredi soir 27 Tamouz. Plusieurs élèves remarquèrent qu’à partir de ce Chabbat, Rabeinou commença à porter une bague en argent sur laquelle étaient gravés de nombreux Noms sacrés. Il porta cette bague à son doigt chaque jour, jusqu’au Chabbat qui suivit la tentative de meurtre que cet homme impie avait essayé de commettre.
 

     

Étudier le Beit Yosef

L’un de ses élèves raconta : il y a plus de vingt ans, lorsque j’ai commencé à connaître Rabbénou, j’ai demandé à son élève, Rabbi Yehudah Shinfeld : « Rabbi Chaïm connaît-il la Halakha (loi juive) ? » Rabbi Shinfeld me répondit : « Je sais une chose : je lui ai posé des questions sur les quatre parties du Choulhan Aroukh et il a été capable de me répondre sur tout. »

L’un de ses élèves commença à étudier dans une yeshiva guedola (yeshiva d’un niveau avancé). Rabbénou lui demanda : « Qu’étudies-tu à la yeshiva ? » L’élève lui exposa tout son emploi du temps. Rabbénou lui répondit : « Et qu’en est-il de l’étude de la Halakha ? » L’élève répondit : « Nous étudions chaque jour une demi-heure de Michna Beroura. » Rabbénou ne fut pas satisfait de cette réponse et lui dit : « La Michna Beroura à elle seule ne constitue pas une étude [suffisante] de la Halakha. Pour la Halakha, il faut étudier correctement le Beit Yosef. À partir de maintenant, commence à étudier le Beit Yosef dans l’ordre, en dehors de l’emploi du temps de la yeshiva. Commence par les Simanim (sections) faciles au début d’Orah ‘Chaïm, et ainsi tu t’habitueras à comprendre le Beit Yosef et tu réussiras, avec l’aide de D.ieu. Voilà ce qu’est l’étude de la Halakha : uniquement à travers les paroles du Beit Yosef, depuis leur source. »

Rabbénou était makpid (très exigeant) sur le fait que quiconque était considéré comme son élève devait se consacrer chaque jour à l’étude de la Torah pendant au moins une ou deux heures, que ce soit dans le Daf Yomi ou dans l’étude de la Halakha — afin de savoir ce qu’un Juif doit faire.
     

Achever l’ange

Une certaine année, un tikoun fut organisé et, dans le prospectus destiné à l’annoncer, il était écrit : « après le tikoun, chacun méritera de recevoir une bénédiction de la bouche du tsadik, de manière personnelle ». Ils avaient écrit cela sans en informer Rabbénou.

Lorsqu’il l’apprit, cela ne lui plut pas. « Je ne me suis pas engagé à cela. » Mais comme il ne voulait pas tous les décevoir, il décida que chaque participant passerait rapidement devant lui et qu’il bénirait chacun selon ce dont il avait besoin, par roua'h hakodech.

Ainsi en fut-il. Chaque participant au tikoun reçut sa bénédiction : celui-ci pour un bon chidoukh (partenaire de mariage), celui-là pour la parnassa, celui-ci pour avoir des enfants, etc., selon les besoins de chacun. Ceux qui avaient besoin d’être réprimandés au sujet du chalom bayit (paix conjugale), ou pour des choses semblables, reçurent également des remontrances à ce sujet. Chaque personne, y compris de grands rabbins, qui passait devant lui recevait une réprimande : « Pourquoi as-tu commencé tel ou tel livre, ou tel ou tel traité, mais ne l’as-tu pas terminé ? Termine le livre, ou le traité, et achève l’ange créé par ton étude de ce livre. » Rabbénou savait exactement quel livre chaque personne avait commencé mais n’avait pas encore terminé. C’était émerveillant.

De manière générale, Rabbénou disait très souvent aux gens exactement quel livre ils avaient commencé à étudier mais n’avaient pas terminé, en disant : « L’ange n’est pas complet tant que tu n’as pas terminé le livre... Termine le livre afin de l’achever. » (Voir Pirkei Avot 4:11 : « Celui qui accomplit une mitsva acquiert pour lui-même un défenseur, tandis que celui qui commet une faute acquiert pour lui-même un accusateur. »)
     

Que lui arrive-t-il dans le monde supérieur ?

Le fils de Rabbi Shlomo Meir mourut alors qu’il était encore enfant. Il refusait d’être consolé... Un jour, il se rendit à la laiterie et frappa à la porte. Rabbénou lui ouvrit la porte, vêtu de ses vêtements de travail et chaussé de bottes. Rabbi Shlomo lui parla de son petit garçon qui était mort, un garçon si bon et si parfait, et de la douleur qui remplissait son cœur, au point qu’il refusait d’être consolé. Il était constamment accablé de chagrin à ce sujet. « Peut-être que si Rabbénou me dit quelle est la situation de mon fils dans le monde supérieur, alors mon âme s’apaisera et trouvera du repos face à la douleur qui la remplit », dit Rabbi Shlomo.

Rabbénou sourit légèrement, sortit à l’extérieur de l’entrée de la laiterie et lui demanda le nom de l’enfant. Il commença à faire les cent pas, les yeux fermés, pendant environ une minute et demie. Ensuite, il ouvrit les yeux et commença à lui raconter tout ce qui arrivait à son fils dans le monde supérieur. Rabbi Shlomo refusa de révéler ce que Rabbénou lui avait raconté au sujet de son fils.

Une autre fois, le beau-frère de Rabbi Gideon Rabiyov mourut. La semaine suivante, Rabbi Gideon raconta cela à Rabbénou au téléphone. Rabbénou dit : « Maintenant, je comprends pourquoi j’ai vu l’âme de ton fils souffrir pendant le dernier Chabbat. Son âme avait ressenti que son oncle était sur le point de quitter ce monde, bien que cela se soit produit plusieurs heures avant sa mort. » Rabbénou ajouta : « Je vois que ton beau-frère se trouve dans un bon endroit là-haut. »
     
 


Il faut un Posek

L’un des élèves de Rabbénou avait un certain problème qui, de par sa nature, lui causait des difficultés dans son chalom bayit (paix au sein du foyer). Lorsqu’il vint chez Rabbénou pour lui demander conseil, soudain, le visage de Rabbénou devint très sérieux et rougit. Lorsque l’élève lui demanda une explication, Rabbénou répondit : « Je suis désolé. Dans ton cas, je ne suis pas en mesure de t’aider... Il faut ici un adam gadol (grand rabbin). Car puisqu’il est un Posek (autorité halakhique) dans ce monde, sa décision est immédiatement acceptée dans le Ciel. Ainsi, tu dois aller voir l’un de ces deux Guedolim (grands hommes) — soit Rabbi Ovadiah Yosef, soit Rabbi Chaïm Kanievsky. »
     

La dernière année

Rabbi Yehudah Sheinfeld raconte : « La dernière année de la vie de Rabbénou, il était très faible. On lui demanda comment s’était déroulée la nuit du Séder (Pessa’h) ? Rabbénou répondit humblement : “Grâce à D.ieu, Eliyahou Hanavi est venu et a dit de magnifiques ‘hidouchim (enseignements de Torah).” »
     

Survivre en dehors d’Israël

Un élève raconte : avant de quitter Israël pour quelques mois en raison de mon travail, j’ai demandé à Rabbénou : « Que dois-je corriger afin de ne pas connaître de [chute spirituelle] en ‘Houtz Laaretz (en dehors d’Israël) ? » Rabbénou répondit : « Veille à aller au mikvé chaque jour là-bas. »
     

Avec le Chabbat, on ne joue pas

Un jour, un certain homme vint voir Rabbénou, qui avait une tumeur à la tête, et lui demanda une bénédiction. Rabbénou ressentit immédiatement que cet homme n’observait pas le Chabbat. Il lui parla avec émotion de la grandeur de l’observance du Chabbat, du fait qu’il est la source des bénédictions, et que s’il acceptait sur lui-même de respecter le Chabbat, immédiatement, la tumeur disparaîtrait. Après quelques échanges, l’homme expliqua à Rabbénou qu’il lui était très difficile de prendre sur lui l’observance du Chabbat. Rabbénou lui répondit : « Il n’y a rien à faire : soit on vit en observant le Chabbat, soit c’est le contraire... » Comme on peut le comprendre, que ne ferait-on pas pour rester en vie ? L’homme prit immédiatement sur lui d’observer le Chabbat. Quelques semaines plus tard, lorsque l’homme passa des examens médicaux, les résultats montrèrent que la tumeur avait complètement disparu. Cependant, quelque temps après, l’homme revint voir Rabbénou et lui dit : « Les maux de tête sont revenus et, après des examens médicaux approfondis, la tumeur est revenue comme auparavant. » Rabbénou lui répondit : « N’est-il pas vrai qu’au cours des dernières semaines, tu as cessé d’observer le Chabbat ? Alors la protection t’a quitté et c’est pourquoi la tumeur est revenue comme avant. » Rabbénou ajouta : « Avec le Chabbat, on ne joue pas. »
     

Mesure pour mesure

La directrice d’une branche médicale raconta qu’elle avait accompagné Rabbénou pendant de nombreuses années dans cette branche, chaque fois qu’il y venait pour recevoir des soins. « Je l’accompagnais depuis son entrée jusqu’à son départ. Pendant ce temps, il me disait ce qu’il voyait de ce qui se passait dans les couloirs, et comment tel ou tel médecin se comportait avec les patients. Après quelque temps, je découvris que ses paroles étaient vraies. Il savait exactement qui se comportait correctement et qui ne le faisait pas. Il m’avertit même un jour : “Un médecin qui ne se comporte pas correctement avec ses patients finira lui-même par avoir besoin de ces mêmes traitements. Car au Ciel, on le jugera mesure pour mesure.” En effet, j’observai et constatai que ses paroles étaient exactes. Divers médecins eurent besoin précisément des mêmes traitements dont ils s’étaient moqués auprès de leurs patients. »
     

Il n’y a aucun livre de moussar que je n’ai étudié

Un jour, une certaine personne se tenait derrière Rabbénou et pensait en elle-même : « Si j’avais eu un père qui était un tel tsadik et un grand-père qui était un tel tsadik, je serais moi aussi devenu un tsadik. Mais qui suis-je et que suis-je ? Qui sont mon père et mon grand-père... » C’est ainsi qu’il réfléchissait en lui-même. Soudain, Rabbénou se tourna vers lui et lui dit : « Si tu savais combien j’ai peiné au cours de ma vie pour parvenir à ce que j’ai atteint, tu ne penserais pas ainsi. Tout ne m’est venu que par le labeur... Il n’y a aucun livre de moussar que je n’ai étudié afin de rectifier mes middot (traits de caractère). »
     

On me l’a dit dans un rêve

Lors de l’un de ses chiourim (cours), Rabbénou dit : « Le plus grand mérite (zekhout) est de se rapprocher de D.ieu, béni soit-Il, et de savoir que tout vient de Lui dans chaque chose et chaque situation. » Puis il ajouta : « Avant le chiour (cours), je me suis un peu reposé afin de renouveler mon esprit et mes forces, et on m’a dit en rêve d’ajouter pour vous dans le chiour : c’est pour cette raison que D.ieu est appelé “Tséva-ot” (le [D.ieu des] légions), car Il a tout commandé (tsiva) dès le commencement : ce qui a été et ce qui sera. »
     

Tu vois cette pierre ?

Le kabbaliste, Rabbi Shlomo Batzri, raconta : un jour, Rabbénou se joignit à nous pour une Séouda (repas) de Brit (circoncision). Après la prière de Min'ha, nous priâmes là-bas face au mur. Rabbénou pointa du doigt une pierre qui dépassait et me dit : « Tu vois cette pierre ? Il y avait là le guilgoul (réincarnation) d’une personne et, grâce à D.ieu, elle a été rectifiée par notre prière de Min'ha. » De même, un jour, sur le chemin de la synagogue, à côté de la maison de retraite, il y avait un grenadier. Rabbénou pointa l’une des grenades sur l’arbre et dit : « Il y a ici un nitsouts (âme réincarnée), et nous devons faire une bénédiction dessus et la manger »...

Rabbénou voyait également des Neshamot Megoulgalot (âmes réincarnées) dans les pierres. Il savait aussi pour quels péchés elles y avaient été réincarnées. Parfois, il entrait dans une maison et y voyait toutes sortes de guilgoulim dans les pierres de la maison, tout en voyant ce qu’ils avaient fait dans ce monde (de leur vivant), et il savait également qui ils étaient.

Rabbi Shlomo Batzri raconta : « Un jour, je lui ai posé une question concernant les guilgoulim. Lorsqu’on abat un poulet, certaines parties du guilgoul sont rectifiées par la Che’hita (abattage rituel). Mais parfois, l’âme d’un guilgoul peut rester là pendant six mois dans un congélateur. Parfois, des âmes passent dans des thons et y restent (dans la boîte) plusieurs années jusqu’à ce qu’ils soient mangés avec une bénédiction. » Rabbénou dit également : « Il y a certaines âmes qui ne savent pas où elles se trouvent, comme dans le Kaf Hakela. Elles peuvent aussi attendre des centaines, voire des milliers d’années, jusqu’à ce qu’elles atteignent le Guéhinom, qui dure douze mois. »

Rabbi Batzri ajouta : « Un jour, je lui ai demandé s’il existait un moyen de savoir dans quel fruit est réincarnée une étincelle sainte et dans lequel elle ne l’est pas. Il répondit que c’était possible, mais il ne me dit pas comment. Il ajouta : “Sache que lorsque je vois dans une certaine feuille une âme ou des âmes qui y sont réincarnées, à travers certains versets que je récite, je les élève et les rectifie.” »

Connaît les pensées

Rabbénou pouvait voir les pensées qui traversaient l’esprit des gens et savait à chaque seconde ce que pensait la personne qui se trouvait devant lui. Parfois, Rabbénou racontait que la veille, pendant le cours, il avait ri en lisant les pensées de l’une des personnes présentes au cours. Il disait également que le tsadik Rabbi Yehuda Shinfeld avait un jour organisé un test pour vérifier s’il connaissait ses pensées.
     

Pendant le cours, les problèmes sont résolus

De nombreuses personnes témoignent qu’elles avaient des questions précises pour lesquelles elles étaient venues demander conseil à Rabbénou et que, pendant le cours, alors qu’il enseignait des paroles de Torah, il répondait à leurs questions. En disant cela, il regardait la personne et établissait un contact visuel avec elle. Ainsi, pendant son cours, il mêlait les paroles de Torah à des conseils destinés aux personnes présentes au cours.
     

Accorder une vision spirituelle

L’élève de Rabbi Moshe M. de New York raconta ce qui suit. Rabbi Moshe M. est un tsadik qui se consacre beaucoup à la Kabbale. À de nombreuses reprises, lorsqu’il venait en Israël, il rencontrait Rabbénou. Rabbénou l’estimait et l’honorait beaucoup. Chaque fois que Rabbi Moshe accomplissait le tikoun Chovavim (prières kabbalistiques particulières) en dehors d’Israël, Rabbénou lui téléphonait depuis Israël et lui disait : « Votre Honneur fait trembler la terre d’Israël avec ses profondes Kavanot (intentions kabbalistiques) ! »

Un jour, lorsque le tsadik vint voir Rabbénou, Rabbénou lui dit : « Je vois que vous vous consacrez beaucoup à faire du bien au public, à ramener les pécheurs sur le droit chemin. Dans ce cas, peut-être vais-je vous accorder des pouvoirs de vision, afin que vous puissiez voir les actes de chaque personne, de sorte que vous puissiez réprimander les méchants pour leurs actes et les ramener vers le bien ? »

Rabbi Moshe répondit : « Si Votre Honneur pense que j’en suis digne et que je pourrai aider les gens à se repentir, alors j’accepte cela. »

Immédiatement, Rabbénou le prit dans ses bras et le serra fortement, et dès cet instant, il commença à voir des choses cachées concernant toutes les personnes qui l’entouraient. Mais deux jours plus tard, l’homme revint voir Rabbénou et lui dit : « Rabbénou, je suis incapable de voir tout cela. Je me retrouve simplement à juger les gens du côté du mal et je ne supporte pas de voir des choses pareilles !!! »

Rabbénou le prit de nouveau dans ses bras et le serra fortement, et en une seconde, ses pouvoirs de vision surnaturelle disparurent. C’était extraordinaire.
     

Le sceau du Kohen Gadol

Une autre fois, Rabbi Moshe M. mentionné plus haut vint voir Rabbénou. C’était après s’être rendu sur la tombe de l’un des prophètes. Soudain, il y entendit un bruit extrêmement puissant. Tout son corps commença à trembler de grande crainte et de profonde frayeur. Lorsqu’il vint voir Rabbénou, il lui demanda une explication à ce sujet. Rabbénou lui répondit : « Votre Honneur a mérité d’entendre le sceau (’hotamo) du Kohen Gadol. »
     

Je lui ferai venir le sage Abaye

L’un des Tsadikim de la génération avait un fils qui traversait une période difficile. Ce tsadik demanda conseil à Rabbénou sur ce qui pouvait être fait. Rabbénou lui répondit : « Ne dis rien à ton fils. Cette nuit, je lui ferai venir l’Amora (sage du Talmud) “Abaye” dans un rêve. Il l’encouragera déjà et le sortira de la crise dans laquelle il est tombé. » Le lendemain matin, le fils parla à son père et lui dit, le visage rayonnant, que l’Amora Abaye lui avait donné des encouragements et l’avait fortifié afin qu’il puisse faire face à la situation difficile dans laquelle il se trouvait.
     

Le secret du Chem Hameforach (Nom particulier de D.ieu)

Il y a de nombreuses années, Rabbénou raconta à l’un de ses principaux élèves, qui était très proche de lui : « Sache que j’ai rendu visite à tous les grands kabbalistes, séfarades, lituaniens (achkénazes) et hassidiques. Il n’y en a tout simplement aucun que je n’ai rencontré. J’ai parlé avec eux tous au sujet du Chem Hameforach (Nom explicite de D.ieu)... Certains le connaissaient, mais aucun d’entre eux ne connaissait parfaitement le secret du Chem Hameforach. D.ieu m’a accordé le mérite de connaître parfaitement le secret du Chem Hameforach et toutes ses utilisations — de pouvoir accomplir et obtenir grâce à lui chaque chose, à chaque instant. »
     
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