
R.Yosef Dayan
les prières des parfaits
En 1960, deux étudiants vinrent voir le rabbin Patilon, un homme connu pour ses miracles et un grand kabbaliste, afin de l'inviter à se joindre à eux pour leur voyage particulier à Méron (au tombeau de Rabbi Shimon Bar Yochaï). Rabbi Patilon écouta leurs paroles, puis ferma les yeux et dit : « Je vois maintenant un homme au niveau d'un ange, assis près du tombeau de Beniyahu Ben Yehoyada (voir Samuel II 8). Il porte sur la tête un béret et un pantalon "Chaki" (beige). C'est un grand kabbaliste, une personne très importante. Il tient entre ses mains un livre de kavanot et accomplit des yihoudim (une forme de méditation kabbalistique fondée sur différentes permutations et combinaisons des Noms divins et des attributs de D.ieu). Si vous me promettez que vous vous rendrez également au tombeau de Beniyahu Ben Yehoyada, je me joindrai à vous, car je vois qu'il y sera encore la semaine prochaine et j'aimerais le voir de près. »
Le groupe se rendit à Méron, puis se dirigea vers le tombeau de Beniyahu Ben Yehoyada. À leur approche, ils virent un homme correspondant exactement à la description donnée par Rabbi Patilon... Ce fut le début de la révélation du tsadik caché, Rabbi Yosef Dayan. Le célèbre kabbaliste Rabbi Yitzchak Kadouri zt"l dit à son sujet : « Je sais avec certitude qu'il est l'un des 36 tsadikim cachés... »
Rabbi Yosef Dayan fut l'une des personnalités les plus extraordinaires de notre époque. Il étudia auprès du grand kabbaliste Rabbi Mordechai Sharabi, puis découvrit en lui-même un talent pour accomplir des tikounim (rectifications réalisées au moyen de prières, de l'étude de la Torah et de yihoudim).
Il passa énormément de temps auprès des tombeaux d'anciens tsadikim à travers tout le pays d'Israël et y accomplissait les tikounim appropriés à chaque endroit. Son but était d'éveiller le mérite des tsadikim pour aider le peuple juif durant ces années critiques. Il lui arrivait de passer des mois seul en un même lieu, totalement absorbé dans son étude, ses tikounim et ses prières, ne se nourrissant que de la végétation locale. Certains de ces endroits se trouvaient dans des régions sauvages et isolées où, la nuit, des loups affamés et des hyènes erraient. D'autres se trouvaient parmi des Arabes hostiles qui tentaient de l'attaquer, mais il parvenait toujours à les vaincre, parfois alors qu'ils étaient cinquante fois plus nombreux que lui, voire davantage, et parfois par un miracle manifeste.
L'emplacement de certains de ces tombeaux était inconnu et, avec l'aide divine, il parvint à les retrouver. Un jour, alors qu'il cherchait sans succès un tombeau perdu dans une région montagneuse, il glissa soudainement et roula sur une certaine distance avant de tomber dans la végétation. Il se releva rapidement en disant le verset : « Car le tsadik tombe sept fois et se relève... » (Mishlei 24:17). C'est alors qu'il aperçut, cachée par la végétation dans laquelle il était tombé, l'entrée d'une grotte. C'était précisément le tombeau qu'il recherchait.
Il possédait un talent exceptionnel dans le domaine des tikounim et était considéré comme unique en son temps. Il était même capable de ressentir si ses tikounim produisaient les effets souhaités dans les mondes spirituels.
Par exemple, Rav Yosef passa un certain temps à accomplir des tikounim pour son maître en Kabbale, Rav Mordechai Sharabi (qui était très malade). Au milieu de ses tikounim, il s'arrêta soudainement et se mit à travailler sur d'autres problèmes. L'un de ses disciples les plus proches lui demanda pourquoi il priait pour telle ou telle personne et non pour Rabbi Sharabi. Rav Yosef lui donna une réponse peu claire. Le disciple n'en démordit pas et, avec beaucoup d'insistance, chercha à connaître la véritable raison. Rav Yosef lui répondit alors : « Je me suis renforcé dans la prière, j'ai déployé des efforts considérables dans mes supplications. J'ai crié vers les hauteurs et tenté de briser la grande barrière qui nous sépare de notre Père céleste, mais tout cela fut en vain. Je n'ai pas réussi à trouver la moindre fissure. J'ai alors compris qu'il s'agissait d'une gezera (un décret du Ciel) et qu'il était impossible de l'annuler... c'est pourquoi j'ai arrêté. »
Bien que chaque tombeau ait un tikoun particulier à accomplir, comme cela est rapporté dans les écrits de l'Arizal, l'endroit qu'il ressentait comme étant le plus propice à ses prières et à ses tikounim était le tombeau de Shmuel HaNavi (Samuel le prophète). Il s'y rendait au moins une fois par semaine et reçut même des révélations du prophète Shmuel lui-même.
Lorsqu'il devint plus connu, il amenait chaque jeudi soir un minyan de personnes au tombeau de Shmuel HaNavi pour suivre son ordre de prière, d'étude et de tikounim. Lorsque des personnes venaient lui exposer leurs problèmes, il leur disait souvent de se joindre à lui lors de ses visites hebdomadaires au tombeau de Shmuel HaNavi.
Un jour, un certain adolescent perdit son père. L'adolescent se renferma de plus en plus sur lui-même et perdit rapidement tous ses amis. Pour aggraver les choses, chaque yeshiva dans laquelle il essayait d'être admis refusait de l'accepter, estimant qu'il ne pourrait pas s'intégrer dans le programme de la yeshiva. Bien qu'une yeshiva ait finalement accepté de l'accueillir, il ne parvint pas à suivre son programme et en fut renvoyé après quelques jours. Son histoire parvint aux oreilles de Rabbi Yosef Dayan, qui eut pitié de lui et l'invita à se joindre à lui pour prier chaque jeudi soir jusqu'à ce que le décret soit changé. L'adolescent se joignit à Rav Yosef pendant un mois, jusqu'au jour où Rav Yosef lui dit : « C'est terminé. La situation a été changée dans le Ciel. À partir de maintenant, tu verras que tout ira bien. » Et c'est effectivement ce qui arriva.
Une autre fois, un excellent étudiant qui souffrait depuis son enfance d'un grave bégaiement cherchait à se marier. Cependant, à cause de son bégaiement, la jeune fille pressentie pour le shidoukh refusait, encore et encore, de poursuivre la relation. L'étudiant était profondément découragé et on lui conseilla d'aller voir Rav Yosef. Rav Yosef lui conseilla de se joindre à lui pour les prières au tombeau de Shmuel HaNavi et lui dit qu'après quelque temps, tout irait bien. Il se joignit à lui et, après quatre mois, il fut capable de parler tout à fait normalement.
Une autre fois, un étudiant de yeshiva qui souhaitait se marier vint le voir pour lui demander une bénédiction afin de mériter de trouver un bon shidoukh (femme convenable). Rav Yosef observa attentivement l'étudiant, puis lui dit : « Mon ami, pourquoi es-tu si pressé de te marier ? Ce qui est préférable pour toi maintenant, c'est de t'asseoir assidûment dans la tente de la Torah, et d'étudier convenablement les traités Bava Kama, Bava Metsia et Bava Batra. Après en être devenu baki (bien compétent), marie-toi et tu auras toujours des enfants... »
L'étudiant ne s'attendait pas à cette réponse. Il fut très surpris par les paroles de Rav Yosef et demanda conseil à d'autres rabbins. Ceux-ci lui expliquèrent la halakha pratique concernant la mitsva biblique positive de se marier. L'étudiant suivit leur conseil et se maria peu après. Au bout de la première année, sa femme donna naissance à un fils, mais par la suite, elle ne parvint plus à tomber enceinte. Les années passèrent et la femme ne pouvait toujours pas avoir d'enfant. Dans sa détresse, il se tourna de nouveau vers Rav Yosef pour lui demander conseil. Rav Yosef lui répondit : « Si tu m'avais écouté à l'époque, tu t'aurais épargné toute cette souffrance, car ton tikoun consistait à étudier ces trois traités dont je t'avais parlé... Mais tu ne m'as pas compris et tu n'as pas suivi mon conseil, qui provenait d'une recherche profonde dans la racine de ton âme et du tikoun de ta mida de Yesod. Maintenant, il est extrêmement difficile de redresser ce qui a été courbé. »
Une autre fois, un couple sans enfants vint le voir pour demander de l'aide et des conseils. Après quelques instants, Rav Yosef répondit au mari : « Je vois que votre solution peut être obtenue de l'une de ces trois manières. Premièrement, vous pouvez attendre que Rabbi Mordechai Sharabi zt"l, qui est actuellement très malade, guérisse et accomplisse pour vous un tikoun particulier. Deuxièmement, vous pouvez vous joindre à moi pour les prières au tombeau de Shmuel HaNavi. Ou, troisièmement, le Temple est reconstruit et vous apportez un korban (offrande). » Il choisit la deuxième option et, quelque temps plus tard, fut béni par la naissance d'un enfant.
Rabbi Yosef Waltuch était lui aussi un tsadik caché et un ami proche de Rabbi Yosef Dayan. Un jour, l'un des étudiants de la yeshiva Porat Yosef à Jérusalem rencontra Rabbi Waltuch dans la rue, alors que Rav Waltuch se dirigeait vers la maison de Rabbi Yosef Dayan. L'étudiant, désireux d'entendre ces deux tsadikim converser au sujet des secrets de la Torah, le suivit jusqu'à la maison de Rabbi Dayan. À leur arrivée, Rabbi Waltuch s'assit et entama la conversation. La conversation porta sur les pays arabes et leurs mauvais traits : les accusations, les paroles négatives concernant les Syriens et les mauvaises middot (traits de caractère) que l'on trouvait souvent parmi la population égyptienne. L'un parlait et l'autre ajoutait... et chacun des deux tsadikim ajoutait des détails et développait les mauvaises actions des Arabes. Ils entrèrent ensuite dans de nombreux détails concernant chaque province arabe et ses habitants.
L'étudiant fut profondément étonné par cette conversation. Il espérait entendre des paroles de Torah, mais n'entendit que des accusations contre les ennemis d'Israël. Il savait que les paroles des tsadikim n'étaient certainement pas de vaines discussions politiques, mais qu'il devait y avoir une raison à cela. Il garda donc la chose pour lui. Peu de temps après, la guerre de Yom Kippour éclata soudainement, avec la Syrie sur le front nord et l'Égypte au sud. Ce fut la guerre la plus difficile pour Israël et elle faillit être perdue. L'étudiant comprit alors ce qui s'était passé. Les deux tsadikim avaient vu par Roua'h HaKodesh la guerre qui allait se produire (et n'étaient pas autorisés à la révéler). Ils avaient tenté de susciter une katigora (accusation) dans le Ciel contre les Arabes afin de contrecarrer leurs mauvaises intentions.
Une autre fois, à l'occasion de la Hilloula (anniversaire du décès) de Yehoshua bin Noun (le disciple biblique de Moïse), Rabbi Yosef Dayan, Rabbi Yosef Waltuch et un autre érudit de Torah se rendirent au tombeau de Yehoshua bin Noun, près de Shekhem. Le tombeau se trouve sur une montagne au milieu de Kefar Haris. À cette époque, il n'y avait aucune construction sur le tombeau, seulement quatre murs. Certains disent qu'il y a une grotte en dessous et qu'il y est enterré. À plusieurs reprises, on tenta d'y construire une structure, mais chaque fois, elle s'effondra.
R. Yosef Dayan passa le premier. Il s'approcha, puis s'arrêta à un certain endroit et commença ses préparatifs pour les hakafot (faire le tour du tombeau) et pour les supplications. L'érudit en Torah qui les accompagnait demanda à R. Waltuch : « Où se trouve exactement l'endroit où Yehoshua bin Noun est enterré ? » R. Yosef Waltuch lui répondit : « Regarde attentivement l'endroit où se tient R. Yosef Dayan — c'est là que Yehoshua bin Noun est enterré. »
Tous deux suivirent R. Yosef Dayan, qui se tenait à un endroit précis, et s'approchèrent lentement de lui. L'érudit en Torah se tourna de nouveau vers R. Waltuch et demanda : « Comment pouvons-nous savoir si c'est bien le véritable emplacement de son tombeau ? »
R. Waltuch lui répondit : « Lorsque R. Dayan commencera les kavanot (intentions kabbalistiques), tu le ressentiras toi-même. »
Alors qu'ils parlaient tous les deux, R. Yosef Dayan ouvrit la bouche avec sagesse et commença des yihoudim (unifications kabbalistiques des Noms divins et des attributs de D.ieu), parmi lesquels un yihoud élevé visant à s'attacher à l'âme du tsadik.
Soudain, R. Waltuch se mit à trembler et, avec une sainte révérence, dit avec émotion à l'érudit en Torah : « Alors, maintenant, ressens-tu le parfum du Gan Eden et la fragrance des besamim qui montent du tombeau et nous entourent ?! » (car Yehoshua descendait du Gan Eden).
PRIÈRE ET SHEMIRAT HABRIT
Rabbi Waltuch disait que la puissance de Rav Yosef Dayan résidait dans le fait qu'il n'avait jamais porté atteinte à son brit. Il dit un jour : « Lorsque je voyage avec Rabbi Dayan, je n'ai aucune crainte dans mon cœur. J'irai avec lui n'importe où dans le monde. Car j'ai confiance en sa sainteté et en la droiture de son cœur » (Od Yosef Chai, p. 203).
Rabbi Yosef disait : « Celui qui est atteint d'oubli, cela vient du fait que la sitra achra (les forces du mal) s'est attachée à lui. La sitra achra s'enveloppe en lui en raison du manque de shemirat habrit (la préservation de la sainteté du Brit, notamment contre les regards et les pensées impudiques) et de l'atteinte portée à la mida (trait) de Yesod. La Torah dit : “Ne vous égarez pas à la suite de vos cœurs et de vos yeux... afin que vous vous souveniez” (Bamidbar/Nombres 15:39). Lorsque vous ne vous égarez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, alors la sainteté de la brit est correctement préservée et il est possible de mériter la “mémoire” (c'est-à-dire une mémoire parfaite). Celui qui souhaite mériter la mémoire doit faire une téchouva complète et réciter le grand vidouï (confession de Yom Kippour).
Un homme qui prie pour obtenir quelque chose doit continuer à formuler sa demande toujours avec les mêmes mots. Tout changement dans la formulation de la demande créera des difficultés pour l'acceptation de la prière. Il est recommandé, lorsqu'on demande quelque chose dans la prière, de ne demander qu'une seule chose et non de multiplier les demandes. Cela correspond à l'enseignement talmudique : “Celui qui saisit beaucoup de choses n'en a rien saisi.”
On demanda à Rav Yosef : « Celui qui est rempli de péchés, lui est-il permis de se rendre aux tombeaux des tsadikim ? » Il répondit : « Bien sûr, il est permis à une personne comme celle-là de se prosterner devant le tombeau du tsadik. Même quelqu'un qui a causé beaucoup de dommages, qui se trouve au niveau de père des pères de l'impureté et qu'une grande klipa (force du mal) entoure, peut venir sans avoir à se préoccuper de quoi que ce soit. » Celui qui l'interrogeait poursuivit : « Une telle personne doit-elle d'abord s'immerger dans un mikvé ? » Il répondit : « Il n'est pas nécessaire de s'immerger ! Qu'il se rende plutôt au tombeau du tsadik et, par le mérite du tsadik, il méritera de se rectifier et de se débarrasser des klipot qui sont attachées à lui, mais seulement si le tombeau du tsadik est isolé et n'est pas entouré d'autres tombeaux. »
Rav Yosef veillait particulièrement à présenter à notre Père céleste ses demandes en termes clairs et à expliquer précisément ce qu'il souhaitait demander. Un Juif avait besoin d'un appartement et priait D.ieu de la manière suivante : « Maître du monde, envoie-moi de l'argent pour acheter un appartement. » Rav Yosef, qui se trouvait près de lui et avait entendu sa demande, lui dit : « Ce n'est pas une demande formulée correctement. Réfléchis et vois : si un homme possède beaucoup d'argent et souhaite vivre dans un quartier précis, tout son argent ne lui sera d'aucune utilité s'il n'y a pas de bon appartement à vendre dans ce quartier. Tu dois plutôt comprendre qu'il faut expliquer dans ta prière : “Ribono shel Olam (Maître du monde), s'il Te plaît, aide-moi à acquérir un bon et convenable appartement dans tel et tel quartier.” Maintenant, si ta demande est acceptée et que tel appartement t'est à présent destiné, alors certainement l'argent te parviendra également pour pouvoir l'acheter, puisque cet appartement t'a été destiné depuis le Ciel.
Rav Yosef faisait de grands éloges du livre Shomer Emunim HaKadmon de R. Yosef Irgas, qu'il considérait comme fournissant les fondements essentiels pour l'étude de la Kabbale.

R. Yosef Dayan avec R. Yosef Waltuch descendant d'un bus arabe à Halhul
Liens :
Foule de lynchage - récit de R. Yosef Dayan vainquant une foule qui tentait de le lyncher
Sefer HaTikunim : Le Livre des Rectifications
Pour en savoir plus sur la préservation de la brit, voir :
Shmirat HaBrit du Mekoubal Eloki, Rabbi Yaakov Abouhatseira zt"l
Pour en savoir plus sur R. Yosef Dayan zt"l, voir le puissant ouvrage Od Yosef Chai :
>> Suivant le Fromager
Votes: 10 / 10
Nombres de votes: 1